mercredi 5 mars 2014

Le principe de fascination

Il agit comme un aimant. Je l'évoque irrégulièrement, mais, lorsque son ombre se profile, elle s'installe. Je reconnais mon obsession.
Je ne lui vois pas d'équivalent cinématographique, je veux dire qu'il s'imposa comme un suzerain, et que tous les autres se reconnurent ses vassaux : pour beaucoup, des vassaux fantômes. Il ne chercha pas à dissimuler le malaise originel, qui façonna sa personne morale et physique. Moulé dans une chair musculeuse, la taille bien prise, les épaules larges, il incarna la tentation et sa vanité. Et même à cinquante ans, déjà gagné par la calvitie et la surcharge pondérale, il fut encore le partenaire idéal d'un huis clos à l'éros piégé.
Je reconnais la fascination, intacte, qu'il exerce sur moi. Je reconnais la fatalité de son apparence, je distingue la faille, qui le traverse de part en part. Il est le jouet des fantômes familiers, qui ont commencé à peupler son regard dès l'enfance.
Un sphinx complaisant se satisfait des réponses improvisées, que nous apportons aux questions qu'il nous pose. Mais nos parades de facilité ne nous dispenserons pas toujours d'être confrontés à l'énigme qui nous constitue.




















On sera avisé de consulter Le fantôme du métro aérien 1Le fantôme du métro aérien 2Retour sur le pontBrando sur le trottoirMarlon B, for Lady Tanya, and for all Tous les garçons' ladies

2 commentaires:

Célestine a dit…

Je comprends cette fascination pour cet archétype du Bad Boy à la ténébreuse intériorité, frissonnant sous le plomb changé en or d'un torse puissant et d'un regard animal. Mais il n'est pas tout a fait le seul, dans mon panthéon personnel, à exercer ce magnétique attrait par lequel une femme se sent toute déshabillée sans qu'elle puisse s'en défendre. Et parmi les " vassaux fantômes" de Brando, -ah la belle expression! - il en est certains qui pourraient sans doute relever le gant.Elvis Presley et Montgomery Clift possédaient ce sex appeal naturel et brutal, et plus récemment, Nicolas Cage, dans Eclair de lune, déversa dans mes veines un inexplicable torrent de lave. Mais c'est plus fugace et Marlon, vous avez raison, c'est Marilyn au masculin. Une icône sans réel équivalent.

Patrick Mandon a dit…

Diable, quel effet vous font ces hommes ! Et comme on les envie ! J'aime beaucoup Monty Clift, qui est assurément le plus proche de Brando. Il est son frère « de faille ». Son goût pour la destruction de soi précipita sa mort. De ce point de vue, il fut plus fragile que Brando, lequel était plus retors.
J'avais traité du phénomène Elvis (http://touslesgaronssappellentpatrick.blogspot.fr/2010/11/beau-cuir.html), mais les images vidéo ont été supprimées depuis.
Pour Brando et Clift (on a parlé d'une liaison entre eux), la vidéo, que j'avais placée dans l'article http://touslesgaronssappellentpatrick.blogspot.fr/2012/10/retour-sur-le-pont.html existe toujours.