Il poursuivra son œuvre noire sur toutes les tribunes où il se fera acclamer par une jeunesse énervée. M. Mélenchon aime-t-il la musique ? Les acclamations certes, les vociférations assurément, l'adulation des foules, bien sûr, que la menace du chaos fascine, mais l'harmonie tendre ou l'audacieuse recherche de la mélodie ?
Clara Schumann fut à l'évidence l'une des plus grandes pianistes de son temps et une immense compositrice. Or, elle sacrifia une grande partie de ses dons pour que s'accomplît le bonheur de ses huit enfants et de son génial mari, Robert, qu'elle aima éperdument (mais l'on s'interroge sur le fait qu'elle ne lui rendit visite que peu de temps avant sa mort, alors que, en proie à ses démons, il était interné. Johannes Brahms, d'ailleurs très épris de Clara, le voyait très régulièrement).
Sahun Sam Hong est au piano, Zachary Mowitz au violoncelle : c'est un morceau de civilisation.
Ce beau garçon se nomme Marc André. Déjà violoncelliste célébré, il interprête ici avec l'orchestre polonais NFM Wroclaw Philarmonic, Élégie, de Gabriel Fauré. Cette merveille couvrira-t-elle les imprécations lancées par le Blafard Maximum (El Pálido Máximo)?
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lundi 21 septembre 2026
jeudi 30 janvier 2025
Like a Rolling Joss Stone
Les nouvelles chanteuses françaises, saintes meetouches prétentieuses, avec un quant-à-soi de marquise par procuration, si peu artistes, toujours puisant dans un pot de moraline des certitudes et des condamnations, forment un cortège d'ennui et de névroses à la mode pour radios et télévisions d'État.
Mais alors surgit Joss Stone et ses musiciens, et l'ouragan emporte au loin les figures de ce triste carnaval officiel.
Écoutez donc Midnight train to Georgia ou encore sa reprise, plus qu'honorable, de A little prayer for you (après l'immense Aretha Franklin, il fallait oser !)
Note : Ellle a donné une autre version de I put a spell on you, accompagnée à la guitare par Jeff Beck
Re-note : J'apprends que Marianne Faithfull est morte. Ce n'est pas Mme de Sagazan, ni Pomme, ni Juliette Armanet qui me consoleront de cette disparition.
dimanche 24 mars 2024
Grâce suffisante
- Accorde-moi ta grâce amnistiante
- Tu n'es plus dans mes bonnes grâces
- Tu digresses
- Je te dis «grâce !»
- Tu es disgracieux
- Tu me disais gracieux
- Je ne te fais plus grâce.
Le clip réalisé pour cette chanson d'Alain Chamfort n'est pas désagréable, malgré la présence de quelques artistes encombrants. Heureusement, on y découvre chez lui, à Paris, le grand Rezvani.
Ce curieux hiver n'en finit plus de ressembler à un automne manqué, or j'aime l'hiver et plus encore l'automne. J'ai laissé de nombreux automnes derrière moi, et autant d'hivers, en faire l'addition augmenterait le produit de ma soustraction.
Encore ceci, absolument splendide, pour célébrer le froid, pour qu'il règne enfin et que la terre gèle, pour qu'adviennent le givre et la brume.
lundi 26 octobre 2020
Old school, Old cool !
Il est possible que nous basculions dans l'univers du pire, que nous soyons environnés d'un vacarme d'absurdités, cernés par la terreur. Puisque la plus odieuse cruauté manifeste régulièrement sa volonté de détacher notre tête de notre corps, partageons, puisqu'il est encore temps, des instants éblouissants.
Entre l'effroi et l'effarement, accordons-nous le droit de considérer tout ce que nous avons perdu : la perfection cool de ces deux-là
mardi 1 janvier 2019
Avec la langue ! (Mes vœux)
Ici commencent mes vœux…

Cette langue, ces deux lèvres et une partie de ces dents d'une mâchoire supérieure ont été dessinées par John Pasche, légèrement modifiées par Graig Brown, avant de devenir le logo, l'étendard des Rolling Stones à partir de 1971.
Ce dessin figure parfaitement la sensualité agressive, débordante, que démontrèrent les Stones dès qu'ils se firent connaître. Ce jaillissement de muqueuses, ce surgissement hypervascularisé, charnu à l'excès, abondant, rubicond, offert, imposé comme un dard avide, c'est toute l'insolence, la hâte de plaisir, l'arrogante offrande d'organes qui, d'ordinaire, ne se manifestent aussi brutalement, aussi joyeusement que dans l'intimité….
Toute la personne de Mike Jagger, tout son dandysme moderne, encanaillé, piqué même d'une pointe d'obscénité, tout cela est comme figé remarquablement. Et tout cela forme le miroir des Stones, et celui de l'Angleterre rénovée.
En ce temps-là, le monde était dans son adolescence…
Alors, voici le premier de leur souhait, tel qu'ils le chantaient, le proclamaient en 1967.
Quant à nous, à défaut de passer la nuit ensemble, si nous passions l'année ensemble ?

Cette langue, ces deux lèvres et une partie de ces dents d'une mâchoire supérieure ont été dessinées par John Pasche, légèrement modifiées par Graig Brown, avant de devenir le logo, l'étendard des Rolling Stones à partir de 1971.
Ce dessin figure parfaitement la sensualité agressive, débordante, que démontrèrent les Stones dès qu'ils se firent connaître. Ce jaillissement de muqueuses, ce surgissement hypervascularisé, charnu à l'excès, abondant, rubicond, offert, imposé comme un dard avide, c'est toute l'insolence, la hâte de plaisir, l'arrogante offrande d'organes qui, d'ordinaire, ne se manifestent aussi brutalement, aussi joyeusement que dans l'intimité….
Toute la personne de Mike Jagger, tout son dandysme moderne, encanaillé, piqué même d'une pointe d'obscénité, tout cela est comme figé remarquablement. Et tout cela forme le miroir des Stones, et celui de l'Angleterre rénovée.
En ce temps-là, le monde était dans son adolescence…
Alors, voici le premier de leur souhait, tel qu'ils le chantaient, le proclamaient en 1967.
Quant à nous, à défaut de passer la nuit ensemble, si nous passions l'année ensemble ?
mardi 28 août 2018
Une place pour Paul !
Vous trouverez aisément des informations relatives à James Corden, l'animateur, et à son émission Carpool karaoke (carpool pouvant se traduire par covoiturage). C'est une idée simple, superbement réalisée, avec un humour et une fantaisie dont la télévision française paraît définitivement incapable : chez nous, dans le domaine de ce qu'on appelle le divertissement, on se satisfait, depuis trente ans, des tristes bouffonneries d'Arthur !
Montez plutôt à bord de ce véhicule, en compagnie de James et de son prestigieux passager. Nous sommes à Liverpool. C'est aujourd'hui et c'était hier… Une merveille !
Montez plutôt à bord de ce véhicule, en compagnie de James et de son prestigieux passager. Nous sommes à Liverpool. C'est aujourd'hui et c'était hier… Une merveille !
jeudi 16 août 2018
Aretha franklin, femme soul
Bien sûr, à chaque fois il se dit, ici et là : « C'était la plus grande, c'était le meilleur, la plus talentueuse… ». Ils sont tous grands, ils eurent tous du talent, mais Aretha Franklin fut immense. Dieu descendait sur la terre par le truchement de sa voix, et, dès qu'elle chantait, il venait à toutes les saintes et à tous les saints un déhanchement un peu canaille, qui faisait trembler le plancher nuageux du paradis. Elle était la preuve de l'existence de Dieu et démontrait que l'âme logeait dans la gorge. Elle ne fut pas la seule, mais elle fut la soul.
lundi 14 mai 2018
La vie, événement capital, un peu vain et si mélancolique
Quand j'étais enfant, Mouloudji évoluait sur la scène avec la grâce canaille d'un roi bohémien. Kabyle de Paris, breton par sa mère, homme par les racines, français par les branches, chanteur par le feuillage, il faisait tourner les têtes des filles et de leurs mères.
Je m'aperçois qu'il accompagne parfaitement les petits méandres de la vie.
On part au loin, on est las soudain, et l'on veut revenir. Je cherchais cette chanson, la voici :
Toujours notre vie est entre deux rives. La distance qui les sépare mesure notre exil intérieur, notre confort et notre chagrin.
Mouloud se montrait délicat tel un prince oublié de sa cour, que rien ne divertit durablement :
Et si nous prenons des mesures radicales, elles ne serviront qu'à nous rendre plus complaisants encore envers nous-mêmes. Ce que nous laissons derrière nous ressemble à une carlingue rouillée peuplée d'ombres que nous croyons reconnaître. Et notre mémoire impitoyable leur a fait les poches.
À la fin, malgré le bilan mitigé, si l'on se retourne, une sorte d'éblouissement persiste. Ce fut certes inutile, mais ce fut souvent très agréable. Et l'on se dit que cela valait la peine de poursuivre la petite aventure médiocre de l'existence. Au fond de nos prunelles, on voit les lueurs persistantes d'éblouissants repaires.
Il n'y a pas de remède à notre mélancolie fondamentale. Un souffle léger, peut-être l'invisible main d'une vie supérieure, malicieuse, amusée, nous donne un élan tantôt brisé tantôt repris, et, si l'on entend l'air entêtant d'une valse à trois temps (l'un pour le néant, l'autre pour l'espoir, le dernier pour la fantaisie), c'est qu'il convient de ne pas perdre le rythme, avant de céder la place. Dans la coulisse, déjà, d'autres silhouettes se préparent à paraître, et nous n'aurons pas existé…
Je m'aperçois qu'il accompagne parfaitement les petits méandres de la vie.
On part au loin, on est las soudain, et l'on veut revenir. Je cherchais cette chanson, la voici :
Toujours notre vie est entre deux rives. La distance qui les sépare mesure notre exil intérieur, notre confort et notre chagrin.
Mouloud se montrait délicat tel un prince oublié de sa cour, que rien ne divertit durablement :
Et si nous prenons des mesures radicales, elles ne serviront qu'à nous rendre plus complaisants encore envers nous-mêmes. Ce que nous laissons derrière nous ressemble à une carlingue rouillée peuplée d'ombres que nous croyons reconnaître. Et notre mémoire impitoyable leur a fait les poches.
À la fin, malgré le bilan mitigé, si l'on se retourne, une sorte d'éblouissement persiste. Ce fut certes inutile, mais ce fut souvent très agréable. Et l'on se dit que cela valait la peine de poursuivre la petite aventure médiocre de l'existence. Au fond de nos prunelles, on voit les lueurs persistantes d'éblouissants repaires.
Il n'y a pas de remède à notre mélancolie fondamentale. Un souffle léger, peut-être l'invisible main d'une vie supérieure, malicieuse, amusée, nous donne un élan tantôt brisé tantôt repris, et, si l'on entend l'air entêtant d'une valse à trois temps (l'un pour le néant, l'autre pour l'espoir, le dernier pour la fantaisie), c'est qu'il convient de ne pas perdre le rythme, avant de céder la place. Dans la coulisse, déjà, d'autres silhouettes se préparent à paraître, et nous n'aurons pas existé…
samedi 31 mars 2018
Le goût de la rengaine et des cabarets
Avec cela, j'ai toujours eu le goût des cabarets. Ils s'ouvrent sur la chaussée comme des portes dérobées. J'aime leur petite salle, dont seule la scène échappe à l'obscurité, les rideaux cramoisis, le raie de lumière qui fait surgir une suspension de poussière.
Je me souviens d'une chanteuse allemande, qui semblait sortir des ruines de Berlin. Elle n'a pas souri de tout son récital. Elle avait un air d'absence implacable. Je tentai de l'approcher, après le spectacle. Je me glissai dans la coulisse. Un malabar à lunettes noires m'interdit toute progression. Il dit quelque chose, que j'entendis comme une mise en garde, une menace même, dans une langue qui m'était tout à fait étrangère. Dégarni largement, jusqu'au sommet du crâne, il avait rassemblé ce que sa calvitie lui abandonnait encore en une queue de cheval tressée. De dos, cela apportait à sa silhouette un détail d'étrangeté comique. Je n'insistai pas.
Dehors, le froid était vif. J'étais un peu décontenancé par mon échec. D'habitude, je réussissais souvent à me glisser auprès des artistes ; sans m'imposer je trouvais une place naturelle d'admirateur tranquille, parfois même de confident fugace.
Je marchai, j'hésitai, j'errai, je revins sur mes pas, j'entrai enfin dans une brasserie. Elle était là, seule, à une place reculée de cet établissement bruyant, presque dans la pénombre. Son regard fixe ne dévisageait personne, ne s'attardait sur rien. Puis elle me regarda :
- Tu as vieilli, mais je te reconnais. Où as-tu laissé ta jeunesse ?
- Je l'ignore. Je ne lui ai prêté aucune attention, elle s'absentait de plus en plus souvent. Un jour, elle a disparu. Mais vous ? Où donc étiez-vous passée ?
- Peu importe ! J'étais ici, j'étais là.
- Étiez-vous aussi la la la ?
- Assieds-toi, écoute : c'est pour toi !
Sur Ingrid Caven C'était hier… La femme du Pigall"s
Je me souviens d'une chanteuse allemande, qui semblait sortir des ruines de Berlin. Elle n'a pas souri de tout son récital. Elle avait un air d'absence implacable. Je tentai de l'approcher, après le spectacle. Je me glissai dans la coulisse. Un malabar à lunettes noires m'interdit toute progression. Il dit quelque chose, que j'entendis comme une mise en garde, une menace même, dans une langue qui m'était tout à fait étrangère. Dégarni largement, jusqu'au sommet du crâne, il avait rassemblé ce que sa calvitie lui abandonnait encore en une queue de cheval tressée. De dos, cela apportait à sa silhouette un détail d'étrangeté comique. Je n'insistai pas.
Dehors, le froid était vif. J'étais un peu décontenancé par mon échec. D'habitude, je réussissais souvent à me glisser auprès des artistes ; sans m'imposer je trouvais une place naturelle d'admirateur tranquille, parfois même de confident fugace.
Je marchai, j'hésitai, j'errai, je revins sur mes pas, j'entrai enfin dans une brasserie. Elle était là, seule, à une place reculée de cet établissement bruyant, presque dans la pénombre. Son regard fixe ne dévisageait personne, ne s'attardait sur rien. Puis elle me regarda :
- Tu as vieilli, mais je te reconnais. Où as-tu laissé ta jeunesse ?
- Je l'ignore. Je ne lui ai prêté aucune attention, elle s'absentait de plus en plus souvent. Un jour, elle a disparu. Mais vous ? Où donc étiez-vous passée ?
- Peu importe ! J'étais ici, j'étais là.
- Étiez-vous aussi la la la ?
- Assieds-toi, écoute : c'est pour toi !
Sur Ingrid Caven C'était hier… La femme du Pigall"s
vendredi 9 février 2018
Intermède 3
Une chanson écrite par Carla Bruni, composée, je crois, par Julien Clerc.
Pourquoi cette chanson ?
Parce que nos vies sont peuplées d'ombres, et que l'écho de leurs voix ne nous atteint plus, un jour ou l'autre.
Parce que notre fantaisie amoureuse est un château de sable, qui s'effondre et veut être reconstruit.
Parce que les mots entretiennent en nous un chagrin adorable.
Parce que notre chagrin est inconsolable.
Par Carla Bruni, seule :
Carla Bruni avec Julien Clerc :
Par Isabelle Boulay :
Pourquoi cette chanson ?
Parce que nos vies sont peuplées d'ombres, et que l'écho de leurs voix ne nous atteint plus, un jour ou l'autre.
Parce que notre fantaisie amoureuse est un château de sable, qui s'effondre et veut être reconstruit.
Parce que les mots entretiennent en nous un chagrin adorable.
Parce que notre chagrin est inconsolable.
Par Carla Bruni, seule :
Carla Bruni avec Julien Clerc :
Par Isabelle Boulay :
Libellés :
A man and his music
lundi 2 mai 2016
Variation sur un même « j'aime ».
On a beau dire que tout ici-bas est surtout le résultat du jeu des simulacres que les humains se donnent à eux-mêmes, il est des instants qui nous laissent apercevoir une ombre, qu'on pourrait prendre pour une charmante apparition. Mais il serait vain, et sans doute décevant, d'ouvrir les bras, comme pour l'inviter à s'y réfugier : nous avons plus qu'elle besoin d'un refuge, et ce simple geste la ferait fuir en riant. Plus tard, quand nous hésiterons à pousser un soupir, par crainte qu'il soit le dernier, nous souviendrons-nous qu'il nous fut permis de côtoyer l'illusion de la « belle vie » ?
La Belle Vie, l'un des très grands succès de la chanson, reprise dans le monde par les meilleurs ; Sacha Distel, où il se trouve aujourd'hui, peut être fier.
Sarah Vaughan : l'effet de sa voix est immédiat, elle trace un cercle d'envoutement, qui nous retient captifs, soumis, comblés.
Nancy Wilson (1964 album Today, Tomorrow, Forever) : jeune, elle était délicieuse, puis elle gagna encore en élégance avec la maturité. Artistiquement, elle est du genre accompli, ce que ne sera jamais ni le beuglant du Pays basque, Cali, ni la meuglante des alvéoles publicitaires, Jenifer (je reconnais que ces comparaisons sont nulles et non avenues, mais elles me procurent une joie mauvaise).
Betty Carter : musicienne reconnue, elle a longtemps tourné dans les clubs, et attendit une reconnaissance, que son immense talent lui méritait bien plus tôt. La reconnaissance est une longue patience, elle s'apparente à l'habileté heureuse d'un laveur de carreau, qui résumerait l'incessant mouvement de balancier de tout son corps par cette formule hardie : « Je penche, donc j'essuie ! ».
Ann Margrett : jeune, cette native de Suède était simplement jolie, après trente ans, elle devint telle la vérité chez Platon : éminemment désirable. Son interprétation manque peut-être de perspective, mais non pas d'attrait(s).
Julie London : vouant à la London une reconnaissance illimitée, je déplore ici, de sa part, un côté « chantons pour les aérogares ». Cela dit, je pardonne à Julie.
Gary McFarland (façon bossa nova)
Carmen McRae : quelque chose comme une nuance, une pointe moqueuse vient encore renforcer l'impeccable entreprise vocale de la McRae, qui fut une amie de notre mère à tous et la mère de toutes nos mélancolies, toujours entre chute et rédemption, Billie Holiday.
Marie Fredriksson : la dame eut quelque succès naguère (années 80-90 de 1900) avec le duo « Roxette », constitué pour la promotion de la soupe pop-cuir présentable. Marie a surmonté (mais rechute récente) l'obstacle d'une tumeur au cerveaul. Elle chante seule, et elle a raison. Elle démontre ici une belle énergie, plus crooner énervé que vraiment rock, sexy vraiment : sur un rythme binaire bien marqué, elle « monte » lentement vers un final assez proche de Sinatra (quand il était en forme !).
Oscar Peterson : si vous portez un chapeau, découvrez-vous, inclinez-vous, extasiez-vous ! :
Petula Clack « early years » : une diction d'anglaise oxfordienne et une interprétation acidulée tendant vers le plus que parfait du subjectif !
La Belle Vie, l'un des très grands succès de la chanson, reprise dans le monde par les meilleurs ; Sacha Distel, où il se trouve aujourd'hui, peut être fier.
Sarah Vaughan : l'effet de sa voix est immédiat, elle trace un cercle d'envoutement, qui nous retient captifs, soumis, comblés.
Nancy Wilson (1964 album Today, Tomorrow, Forever) : jeune, elle était délicieuse, puis elle gagna encore en élégance avec la maturité. Artistiquement, elle est du genre accompli, ce que ne sera jamais ni le beuglant du Pays basque, Cali, ni la meuglante des alvéoles publicitaires, Jenifer (je reconnais que ces comparaisons sont nulles et non avenues, mais elles me procurent une joie mauvaise).
Betty Carter : musicienne reconnue, elle a longtemps tourné dans les clubs, et attendit une reconnaissance, que son immense talent lui méritait bien plus tôt. La reconnaissance est une longue patience, elle s'apparente à l'habileté heureuse d'un laveur de carreau, qui résumerait l'incessant mouvement de balancier de tout son corps par cette formule hardie : « Je penche, donc j'essuie ! ».
Ann Margrett : jeune, cette native de Suède était simplement jolie, après trente ans, elle devint telle la vérité chez Platon : éminemment désirable. Son interprétation manque peut-être de perspective, mais non pas d'attrait(s).
Julie London : vouant à la London une reconnaissance illimitée, je déplore ici, de sa part, un côté « chantons pour les aérogares ». Cela dit, je pardonne à Julie.
Gary McFarland (façon bossa nova)
Carmen McRae : quelque chose comme une nuance, une pointe moqueuse vient encore renforcer l'impeccable entreprise vocale de la McRae, qui fut une amie de notre mère à tous et la mère de toutes nos mélancolies, toujours entre chute et rédemption, Billie Holiday.
Marie Fredriksson : la dame eut quelque succès naguère (années 80-90 de 1900) avec le duo « Roxette », constitué pour la promotion de la soupe pop-cuir présentable. Marie a surmonté (mais rechute récente) l'obstacle d'une tumeur au cerveaul. Elle chante seule, et elle a raison. Elle démontre ici une belle énergie, plus crooner énervé que vraiment rock, sexy vraiment : sur un rythme binaire bien marqué, elle « monte » lentement vers un final assez proche de Sinatra (quand il était en forme !).
Oscar Peterson : si vous portez un chapeau, découvrez-vous, inclinez-vous, extasiez-vous ! :
Petula Clack « early years » : une diction d'anglaise oxfordienne et une interprétation acidulée tendant vers le plus que parfait du subjectif !
samedi 16 janvier 2016
De la musique dans un bas de soie
C'est à propos de l'article précédent Il fait chaud, c'est l'hiver. Pierre nous fait parvenir un commentaire, qui réveille ma curiosité. Je ne me souvenais plus du tout que Serge G. avait enregistré cette chanson, tirée d'un poème de Victor Hugo, une plainte retenue, étouffée, une supplique audacieuse et navrée, La Chanson de Maglia. Je reproduis ici les lignes, très pertinentes, qu'inspirèrent à Pierre à la fois le texte de Totor et l'interprétation de Gainsbourg :
« La chanson de Maglia me fait toujours penser à l'histoire de ces deux là. Je ne vous apprendrais rien en disant que c'est un poème de Victor Hugo que le beau Serge a magnifiquement mis en musique. Comme il y a deux Gainsbourg, il y a deux Hugo. L'un aime les épopées, le fracas des armes et l'histoire qui s'écrit avec des glaives ou de la poudre. C'est le Cecil B de Mille de la poésie..! L'autre est homme tendre, attentif aux douleurs de l'âme et qui se penche doucement sur le malheur d'aimer. Ce poème ne pouvait que plaire au jeune Gainsbourg. Avec sa musique très lente, très triste et sa voix de basse, il nous offre sur un plateau d'argent les vers du père Hugo, et en prime sa propre peine. Il arracherait des larmes à un agent de change ! ».
Voici la chanson :
Et quelques trésors, où l'on voit l'éducation classique du beau Serge, son goût très sûr en matière de musique, qui l'autorise à envelopper Musset et Hugo de sonorités neuves.
Nuit d'octobre, d'après La Nuit d'octobre, d'Alfred de Musset :
Les Amours perdues, chanson figurant dans le 45 tours paru en 1961, avec les titres Les Femmes c'est du chinois, Personne, Les Oubliettes.
Et encore, Intoxicated Man, qui sonne très jazzy, ambiance noire chic.
Gainsbourg au piano solo ; ce n'est certes pas un virtuose, mais sous Serge geint et gît un vrai musicien. Chopin, Valse de l'adieu :
Célestine, toujours à propos de cet article, écrit :
« Les deux chansons de Gainsbourg dans lesquelles il atteint une sorte de paroxysme de son art sont Je t'aime moi non plus, et Initials BB.
Elles sont comme l'anode et la cathode de la passion électrique qui les consuma.
Bardot serait pour moi comme l'équivalent féminin de Brando. Leur beauté animale et implacable ne souffre aucune remarque. Elle est parfaite. Nous ne pouvons, pauvres mortels, que tortiller au mieux ce que la nature nous a donné pour nous consoler de ne pas être eux. »
« […] beauté animale et implacable […] », Célestine a doublement raison : Bardot et Brando, les Capitals B du siècle dernier, incarnent la gloire maîtrisée, méprisée, le malaise et la rupture.
Voici Initials BB, pour Célestine, pour tous, pour le plaisir, pour le spectacle proprement incroyable des apparitions de Bardot :
Et encore :
Sous l'empire de Bardot
Sur Bardot : Faites la moue, Un « Grello » qui tintinnabule, une tartine qui dégouline, Bardot et ses « frères », Les désirables, Une vitrine pour ma cousine, L'indésirable 3, Un brun Olivier
« La chanson de Maglia me fait toujours penser à l'histoire de ces deux là. Je ne vous apprendrais rien en disant que c'est un poème de Victor Hugo que le beau Serge a magnifiquement mis en musique. Comme il y a deux Gainsbourg, il y a deux Hugo. L'un aime les épopées, le fracas des armes et l'histoire qui s'écrit avec des glaives ou de la poudre. C'est le Cecil B de Mille de la poésie..! L'autre est homme tendre, attentif aux douleurs de l'âme et qui se penche doucement sur le malheur d'aimer. Ce poème ne pouvait que plaire au jeune Gainsbourg. Avec sa musique très lente, très triste et sa voix de basse, il nous offre sur un plateau d'argent les vers du père Hugo, et en prime sa propre peine. Il arracherait des larmes à un agent de change ! ».
Voici la chanson :
Et quelques trésors, où l'on voit l'éducation classique du beau Serge, son goût très sûr en matière de musique, qui l'autorise à envelopper Musset et Hugo de sonorités neuves.
Nuit d'octobre, d'après La Nuit d'octobre, d'Alfred de Musset :
Les Amours perdues, chanson figurant dans le 45 tours paru en 1961, avec les titres Les Femmes c'est du chinois, Personne, Les Oubliettes.
Et encore, Intoxicated Man, qui sonne très jazzy, ambiance noire chic.
Gainsbourg au piano solo ; ce n'est certes pas un virtuose, mais sous Serge geint et gît un vrai musicien. Chopin, Valse de l'adieu :
Célestine, toujours à propos de cet article, écrit :
« Les deux chansons de Gainsbourg dans lesquelles il atteint une sorte de paroxysme de son art sont Je t'aime moi non plus, et Initials BB.
Elles sont comme l'anode et la cathode de la passion électrique qui les consuma.
Bardot serait pour moi comme l'équivalent féminin de Brando. Leur beauté animale et implacable ne souffre aucune remarque. Elle est parfaite. Nous ne pouvons, pauvres mortels, que tortiller au mieux ce que la nature nous a donné pour nous consoler de ne pas être eux. »
« […] beauté animale et implacable […] », Célestine a doublement raison : Bardot et Brando, les Capitals B du siècle dernier, incarnent la gloire maîtrisée, méprisée, le malaise et la rupture.
Voici Initials BB, pour Célestine, pour tous, pour le plaisir, pour le spectacle proprement incroyable des apparitions de Bardot :
Et encore :
Sous l'empire de Bardot
Sur Bardot : Faites la moue, Un « Grello » qui tintinnabule, une tartine qui dégouline, Bardot et ses « frères », Les désirables, Une vitrine pour ma cousine, L'indésirable 3, Un brun Olivier
Sur Gunter Sachs, marié à Bardot alors que Gainsbourg… Fin de partie - 11 -
Sur Gainsbourg : Denise Vous dansez, mademoiselle ? Dans la peau de Serge Les bijoux de Lulu Le bœuf sous un toit Et Dieu dans tout ça L'art de s'étendre Madame Lulu Serge en automne
lundi 11 janvier 2016
… Et tu retourneras à la poussière (d'étoile)
Il est donc mort.
Dépouillé de ses habits d'alien peroxydé, de ses colorations électriques, de ses métamorphoses, on l'avait aperçu, en 2012, fondu dans le décor des rues de New York, mince comme toujours, souriant, apaisé.

Il vivait à Manhattan, cet anglais accompli, qu'eut aimé follement Oscar Wilde, et il hélait les taxis jaunes, tel un Ziggy Stardust démobilisé.

Sa dernière apparition publique eut pour cadre le New York Theater, pour la présentation de la pièce « Lazarus », écrite par lui-même et l'auteur irlandais Enda Walsh, et mise en scène par Ivo van Hove, un belge très audacieux. Cela se passait en décembre 2015.

Tout sera dit sur lui, je m'abstiendrai donc. Tout de même, ce conseil : guettez le ciel, il en tombera prochainement de la poussière d'étoile.


Une chanson écrite par Iggy Pop et David Bowie, « Tonight »
Dépouillé de ses habits d'alien peroxydé, de ses colorations électriques, de ses métamorphoses, on l'avait aperçu, en 2012, fondu dans le décor des rues de New York, mince comme toujours, souriant, apaisé.

Il vivait à Manhattan, cet anglais accompli, qu'eut aimé follement Oscar Wilde, et il hélait les taxis jaunes, tel un Ziggy Stardust démobilisé.

Sa dernière apparition publique eut pour cadre le New York Theater, pour la présentation de la pièce « Lazarus », écrite par lui-même et l'auteur irlandais Enda Walsh, et mise en scène par Ivo van Hove, un belge très audacieux. Cela se passait en décembre 2015.

Tout sera dit sur lui, je m'abstiendrai donc. Tout de même, ce conseil : guettez le ciel, il en tombera prochainement de la poussière d'étoile.


Une chanson écrite par Iggy Pop et David Bowie, « Tonight »
samedi 2 mai 2015
Patachou, populaire chic
Elle vient de mourir. Elle a accompagné mon enfance, parce que, dans mon entourage, les femmes l'aimaient beaucoup. Elles appréciaient sa gouaille élégante, sa manière d'apostropher la gente masculine, de la tenir à distance, mais sans lui adresser une fin de non recevoir : car enfin, il y a des moments où elle peut, elle doit se rapprocher… Son style lui appartient en propre, ni vraiment réaliste, ni tout à fait rive gauche, mais parfaitement music hall. Elle excellait dans le genre populaire chic, « affranchi ». Elle incarnait une manière de féminité tranquille, tendrement ironique, jamais amère.
Et quel talent ! Entendez cette chanson, ci-après, sa diction impeccable, nullement démodée, soutenue par un orchestre de jazz très brillant. Elle fait swinguer son récit moqueur, qui met en scène un maladroit…
Spéciale dédicace à Florence, de l'indispensable blogue noel69aclermontferrand , qui, je le sais, aime cette chanson, certes un peu moins que Le petit bal, mais tout de même… :
▶ Patachou - Bal chez temporel - YouTube
Et encore, cette interprétation d'un autre chef d'œuvre (paroles Pierre Barouh, musique Raymond Le Sénéchal) : Des ronds dans l'eau
On la retrouve ici, ici aussi et encore là
Et encore, cette interprétation d'un autre chef d'œuvre (paroles Pierre Barouh, musique Raymond Le Sénéchal) : Des ronds dans l'eau
On la retrouve ici, ici aussi et encore là
mercredi 7 mai 2014
La nuit
Il fait un temps d'illusion.
Hier est incertain et demain improbable. Demeurent quelques heures nocturnes. Elles sont notre avenir immédiat. En finissant, elles effaceront la forme que nous aurons prise : ainsi se dissipe le brouillard au matin, sur la terre lentement réchauffée. La nuit recouvre nos épaules, elle est bleue comme un cachemire sombre :
- I love you baby, and I always will, ever since I put your picture in a frame
- Taisez-vous ! Rejoignez-moi plutôt sous le cachemire bleu-nuit…
Et aussi :
La nuit, Waitin' for Waits, C'est ainsi qu'un soir, on cherche à savoir…, Fin de féerie, Slave qui peut !
lundi 27 janvier 2014
Un rat, un chinois, une fille
C'est une chanson dont l'étrangeté m'a immédiatement intrigué. J'étais petit garçon, je voyais un rat impressionnant se comporter comme un dur, déjouer toutes les apparences, brouiller le sens et les pistes, même cyclables. Et ce couteau rouge sans spécialité, que j'aurais voulu mettre dans ma poche…
J'aimais l'atmosphère « bastringuée », le son piano mécanique, la rengaine de port et de brume.
Par Germaine Montero
Par Catherine Sauvage
Voici à présent au « piano à bretelles », le compositeur de la musique de la chanson précédente, V. Marceau (1902-1990), qui apprit à jouer avec son père, et sortit premier prix du conservatoire de musique de Lille. On notera que le V de son patronyme complet, qui semble la première lettre de son prénom, est à la vérité la première de son nom, car, il fut enregistré à l'état civil comme Verschueren, prénommé Marceau. On ne le confondra pas avec un autre accordéoniste, André Verchuren. Son nom, qui commence par un V, est phonétiquement identique à Verschueren, lequel, comme on l'a vu, usa de son prénom pour se faire un nom. Cela paraît compliqué, mais c'est assez simple : le nom d'artiste du second est son prénom, alors que celui du premier est bien son nom d'artiste. Celui-ci et celui-là ont un nom semblable, mais le V. de Marceau est trompeur, il paraît annoncer son prénom, qui est Marceau en réalité, alors que le prénom de l'autre est André… Avete capito ?
Quoi qu'il en soit, V. Marceau est un artiste, il transforme ce qu'il joue, tire de son instrument des effets éclatants.
Pour le plaisir des uns, et au grand dam des autres, que l'accordéon exaspère, cet air fameux signé Hamel, « Perles de cristal ». C'est une polka, une danse de bohémien, très graphique et plutôt sportive. On pense qu'elle vient du pays naguère nommé Tchécoslovaquie, mais elle doit sa renommée à Paris, sous le Second empire. Toute la France se mit à la polka : les lustres des salons de la bourgeoisie tremblèrent, les granges des campagnes résonnèrent, et les couples se formèrent en marquant le pas de cette danse circulaire très « enlevée »
Quant au « piano du pauvre », Léo Ferré, alors très inspiré, en parle fort bien :
Sur pierre Mac Orlan, on verra Petite vertu
Quant à l'accordéon, on ne perdra pas son temps à se rendre à Nouvelles de la brume, Musique à bretelles, Requiescat in pace !
Et sur Carco, proche de cet univers, on consultera Frère de nuit, Frère de nuit 2, Fantaisie pour une autre fois, Loin de Paris 1
J'aimais l'atmosphère « bastringuée », le son piano mécanique, la rengaine de port et de brume.
Par Germaine Montero
Par Catherine Sauvage
Voici à présent au « piano à bretelles », le compositeur de la musique de la chanson précédente, V. Marceau (1902-1990), qui apprit à jouer avec son père, et sortit premier prix du conservatoire de musique de Lille. On notera que le V de son patronyme complet, qui semble la première lettre de son prénom, est à la vérité la première de son nom, car, il fut enregistré à l'état civil comme Verschueren, prénommé Marceau. On ne le confondra pas avec un autre accordéoniste, André Verchuren. Son nom, qui commence par un V, est phonétiquement identique à Verschueren, lequel, comme on l'a vu, usa de son prénom pour se faire un nom. Cela paraît compliqué, mais c'est assez simple : le nom d'artiste du second est son prénom, alors que celui du premier est bien son nom d'artiste. Celui-ci et celui-là ont un nom semblable, mais le V. de Marceau est trompeur, il paraît annoncer son prénom, qui est Marceau en réalité, alors que le prénom de l'autre est André… Avete capito ?
Quoi qu'il en soit, V. Marceau est un artiste, il transforme ce qu'il joue, tire de son instrument des effets éclatants.
Pour le plaisir des uns, et au grand dam des autres, que l'accordéon exaspère, cet air fameux signé Hamel, « Perles de cristal ». C'est une polka, une danse de bohémien, très graphique et plutôt sportive. On pense qu'elle vient du pays naguère nommé Tchécoslovaquie, mais elle doit sa renommée à Paris, sous le Second empire. Toute la France se mit à la polka : les lustres des salons de la bourgeoisie tremblèrent, les granges des campagnes résonnèrent, et les couples se formèrent en marquant le pas de cette danse circulaire très « enlevée »
Quant au « piano du pauvre », Léo Ferré, alors très inspiré, en parle fort bien :
Sur pierre Mac Orlan, on verra Petite vertu
Quant à l'accordéon, on ne perdra pas son temps à se rendre à Nouvelles de la brume, Musique à bretelles, Requiescat in pace !
Et sur Carco, proche de cet univers, on consultera Frère de nuit, Frère de nuit 2, Fantaisie pour une autre fois, Loin de Paris 1
Libellés :
A man and his music
vendredi 29 novembre 2013
C'est ainsi qu'un soir, on cherche à savoir…
C'est une chanson très ancienne de Tom Waits. Elle date de 1973, et figurait dans l'album « Closing time ».
Il demande à l'opérateur un numéro de téléphone, et s'interroge, en attendant d'obtenir la communication : « Il y a si longtemps, se souviendra-t-elle seulement de ma voix ? Allo ! allo ! C'est Martha ? Ici, Tom, j'appelle de très loin… »
Il lui rappelle une époque très ancienne, « pleine de roses, de poésie et de littérature », où il était tout pour elle, comme elle était tout pour lui. Il n'avait qu'elle, elle n'avait que lui. Demain n'existait pas. Mais voilà, aujourd'hui, il se sent vieux. Et son mari, ses enfants, comment vont-ils ? Il est marié, lui aussi. Il lui rappelle sa jeunesse ardente. Que reste-t-il de tout cela ? Quel souvenir leur amour a-t-il laissé à Martha ?
Quelle inquiétude absurde et insurmontable nous pousse, un soir, à interroger un souvenir enfoui ? Alors qu'il n'est pas de réponse possible, ni même souhaitable.
Et cette version « live » :
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A man and his music
vendredi 30 août 2013
Gregory « Cool » Porter
Entre jazz et soul, entre musique d'église et musique de club, voici le plus récent talent authentique, venu des USA : Gregory Porter. Sa carrure et sa vivacité le désignèrent pour jouer au football américain. Mais sa vocation était ailleurs ; il la tient sans doute de sa mère, pasteur, et de ses fidèles, qui louent Jesus en chantant, à la façon d'un chœur au rythme impeccable. Dans Be good, il est question d'un lion en cage et d'une femme, qui tourne en dansant autour de la cage où il se tient. Elle se méfie des hommes, aussi dangereux que les lions. Elle se méfie de l'amour, sans doute. Peut-elle être bienveillante avec les lions ?
Belle vidéo !
Note : la chemise très ouvragée, d'un rose d'attendrissement, relève du plus pur kitsch des années soixante-dix.
Et encore 1960 What ? Il est question d'une certaine année de la décennie 1960, et d'un homme qui fut tué au Lorraine motel, à Memphis, Tennessee. L'homme se nommait Martin Luther King. Son rêve est devenu fameux.
On sera sensible à la belle montée des cuivres, au début, et à la tonalité très Miles Davis par instant.
▶ Gregory Porter - 1960 What? - Official Music Video (Jazz, Soul Music) - YouTube
On entendra, si on le veut, Piano triste, Evans for ever, La nuit 8, La nuit 7, La nuit 6, La nuit 5, La nuit 4 et toutes les nuits de la rubrique A man and his music, car on y retrouve Ava Gardner et Franck « The Voice » Sinatra
Belle vidéo !
Note : la chemise très ouvragée, d'un rose d'attendrissement, relève du plus pur kitsch des années soixante-dix.
Et encore 1960 What ? Il est question d'une certaine année de la décennie 1960, et d'un homme qui fut tué au Lorraine motel, à Memphis, Tennessee. L'homme se nommait Martin Luther King. Son rêve est devenu fameux.
On sera sensible à la belle montée des cuivres, au début, et à la tonalité très Miles Davis par instant.
▶ Gregory Porter - 1960 What? - Official Music Video (Jazz, Soul Music) - YouTube
On entendra, si on le veut, Piano triste, Evans for ever, La nuit 8, La nuit 7, La nuit 6, La nuit 5, La nuit 4 et toutes les nuits de la rubrique A man and his music, car on y retrouve Ava Gardner et Franck « The Voice » Sinatra
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jeudi 6 décembre 2012
Dave « Quartet »
D'où lui venait le sens du rythme « brisé », ou plutôt contrarié, qui donna à ses premières compositions l'étrangeté harmonieuse des musiques fondamentales ? Qu'a-t-il perçu, dans l'air du temps des années cinquante, qui voulait advenir et se manifester de manière radicalement neuve ?
Les années cinquante, le début de la décennie soixante, Dave Brubeck et quelques autres : notre vraie modernité.
Voyez le désastre où nous sommes !
Tout est parfait dans ce Take five, jusqu'à la formation en quartet : Dave Brubeck au piano, Paul Desmond au saxo alto, Eugène Wright à la basse, Joe Morello à la batterie (enregistré en Belgique, en 1964).
Les années cinquante, le début de la décennie soixante, Dave Brubeck et quelques autres : notre vraie modernité.
Voyez le désastre où nous sommes !
Tout est parfait dans ce Take five, jusqu'à la formation en quartet : Dave Brubeck au piano, Paul Desmond au saxo alto, Eugène Wright à la basse, Joe Morello à la batterie (enregistré en Belgique, en 1964).
mardi 23 octobre 2012
C'est fini !
Your baby doesn't love you any more.
Golden days, before they end,
Whisper secrets to the wind.
Your baby won't be near you any more.
Tender nights, before they fly,
Send falling stars that seem to cry.
Your baby doesn't want you any more.
It's over.
It breaks your heart in two,
To know she's been untrue.
But oh, what will you do,
When she says to you,
"There's someone new.
We're through.
We're through."
It's over, it's over, it's over.
All the rainbows in the sky
Start to weep and say good-bye.
You won't be seeing rainbows any more.
Setting suns, before they fall,
Echo to you, "That's all, that's all."
But you'll see lonely sunsets, after all.
It's over, it's over, it's over.
(Roy Orbison, Bill Dees)
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