mercredi 1 avril 2020

Chanson vitale





















Victor Lecomte (1856-1920) : Malade sur son lit, vers 1911
Récemment vendue à Drouot par l'étude Kâ-Mondo (le nom nous rappelle celui d'un collectionneur parisien fameux, dont l'hôtel particulier, qui donne sur le parc Monceau, contient des trésors : le musée Nissim de Camondo), cette œuvre délicate, subtilement éclairée, estimée entre 5 et 10 Euros -une misère !- a été adjugée à 100 Euros.

La chair pâle de cette jeune femme, le désordre de son vêtement qui découvre les formes pleines de son corps, lequel paraît animé par une onde de volupté, sa tête rejetée en arrière, et jusqu'à la plainte qu'elle semble exhaler, tout cela pourrait fort bien exprimer l'abandon au plaisir solitaire. Or, il s'agit d'un lit de souffrance…
Ce qui ne nous tuera pas, nous rendra-t-il moins fort ?

https://www.youtube.com/watch?v=WBzCTiqUHUQ

Sur ce sujet, voir :     Histoire sans parole     Chanson virale

samedi 28 mars 2020

Chanson virale
















Gravure : Alfred Rethel, peintre et dessinateur allemand (1816-1659). Baudelaire possédait un tirage de cette gravure

Ce matin, entendu cette chanson que j'avais complètement oubliée. Elle fut écrite sans doute 1890 et 1900. C'était avant-hier, c'est aujourd'hui, c'est demain…

https://www.youtube.com/watch?v=vIuXYI6oOzQ









vendredi 14 février 2020

Par la voix, par les doigts

Entendu ce matin, interprété au violon, Salut d'amour du compositeur Edward Elgar. C'est d'une simplicité que seul un grand artiste peut se permettre. Il lui faut, en effet, dans la confusion du monde apparemment réel, consentir à entendre cette simple, imperceptible confidence, et produire cet air du sensuel attachement.
Au violon, Geneviève Laurenceau, au piano Jérôme Ducros :


 
Je l'ai trouvé par l'immense Aldo Ciccolini au piano : il ne pèse pas sur les touches, il les frôle, il paraît seulement les solliciter de la pulpe des doigts, de leurs ridules digitales.
 


Mirella Freni, soprano italienne, vient de mourir. Moins connue que les stars de l'opéra italien, elle fut l'une des plus parfaites. La voici dans un extrait (final) de Manon en compagnie de Pavarotti : ils étaient jeunes …



… Et dans ce moment de La Bohème, de Giacomo Puccini. Là encore, c'est offert sans effort apparent, sans excès, sans zèle de scène et sans volonté de démonstration : suave Mimi



Pour le reste, que nous faudra-t-il avouer, à la fin ? Eh bien, que nous avons vécu !

On retrouvera Aldo Ciccolini   ICI    ET ICI AUSSI 



vendredi 31 janvier 2020

Effet placebo

 Placebo. J'ai toujours aimé leur présence un peu arrogante très upper class, mêlée de nervosité en maillot de corps working class, rehaussée d'effluves romantiques noires. Du style gothique de gargouille boudeuse sexuellement disponible. Ces jeunes princes soufrés me plaisaient. Brian Molko, le chanteur, personnage incandescent, très lucide, sensuel, incarne parfaitement cet ensemble au son brillant.
Je crois que c'est en 1983 ou 84, que Nick Kershaw avait écrit Wouldn't it be good, avec un immense succès, mérité (excellente vidéo) :



Mais je préfère la version qu'en donna, ultérieurement, Placebo :


dimanche 26 janvier 2020

Mes (a)vœux la suite et la fin

Voici mon ultime livraison de la chanson What are you doing the rest of your life, qui accompagne mes vœux pour l'année nouvelle. C'est un choix, c'est le mien.
Faites le meilleur usage du reste de votre vie.

  Hayati Kafe, né à Istanbul : remarquable accompagnement très jazz, ambiance cabaret, une voix de crooner sans effet appuyé, le piano lui va bien :



Bien fait, et jazzy comme il convient :



Bill Evans, maître du piano, Miles Davis l'admirait :



Tony Bennet, un crooner de beau style, avec un voile « italien » dans la gorge :



L'accompagnement est daté, mais l'interprétation est réussie, la mise en scène malicieuse…


vendredi 24 janvier 2020

Mes (a)vœux 2020 suite encore

 Pour l'Amérique au XXe siècle, voyez Sinatra. Pourtant, à l'origine, il n'avait aucune chance : inculte, malpoli, un rital maigriot dans un pays où les mâles qui font tourner la tête des femmes mesurent en moyenne 1, 85 m. La suite est connue : idole des jeunes, d'abord, tournées avec l'orchestre de Tommy Dorsey, le cinéma, puis l'immense carrière sur les plus grandes scènes du monde. Des hauts, et surtout des bas montés sur talons aiguilles… Des manières, parfois, de boss mafieux encadrés par des malabars. Une séduction de canaille en tuxedo (smoking) noir profond avec nœud papillon, chaussures vernies, un verre de whisky à la main. Une mère de famille pour l'Église, la plus belle femme du monde pour le cœur, et, pour le reste, « faites monter la bière et les filles ».
Avec cela, la plus parfaite technique vocale, une manière unique de chanter l'accent tonique dans la langue américaine, une voix de mâle dominant… Et un respect envers les Noirs qui ne s'est jamais démenti. Sinatra fut sans doute l'un des premiers artistes à protester contre les mesures raciales en vigueur dans de nombreux états.

Sur Sinatra :

 La nuit 2       Frankie from Hollywood      La carte noire de Melville : les passants de la nuit              
Un dernier tour de piste      La nuit 5    La nuit 4

 Sinatra sur scène What are you doing the last of your life :
 

Une sélection, très personnelle, des meilleures interprétations de What are you doing the last of your life :

Oscar Peterson :


Carmen McRae :


Sarah Vaughan


Dusty Springfield


Abbey Lincoln


Anita O'Day


D'autres suivront, qui viendront clore ces (a)vœux 2020