samedi 4 février 2023

2023, mes a(vœux) 5 : ce qu'il advint non seulement de quelques-uns mais encore de tous les autres




Or, la mèche se consumait très lentement voir 2023, mes (a)vœux, 3 : Une mèche errante. Elle provoqua l'explosion nucléaire (voir 2023, mes(a)vœux, 4 : testament) longtemps après que la Terre eut été chassée du système solaire. Son irrésistible dérive, l'abandon rapide par sa population de ses us et coutumes mais encore de ses techniques, l'oubli des sciences, et les principes de haine et de vengeance que diffusait une secte, baptisée La Terre Insoumise (LTI), commandée par un vieillard furieux et grossier, tout favorisa le règne du chaos.
On vit alors prospérer des créatures féroces, qui vivaient sous les seules lois de la prédation permanente. Organisées en tribus, et plus souvent encore en bandes que des rivalités plaçaient sous l'autorité menacée de rustres toujours plus violents, elles étaient incapables d'imaginer une autre organisation que celle du désordre et du crime. C'est ainsi que la Terre était devenue le théâtre permanent de l'horreur, tandis qu'elle s'enfonçait, avant de disparaître, dans la pénombre immense du cosmos.
Montage, PM : L'ange pleureur, de Nicolas Basset (1600-1659), ici détouré d'après une photographie trouvée dans le remaquable site https://ckenb.blogspot.com/2020/07/cherubs-and-baby-jesus.html. Cette œuvre de 1628 fait partie d'un ensemble baroque dénommé Tombeau du chanoine Guilain Lucas et de ses neveux Guillin (avec deux l) Lucas et Honoré Gabriel Brunel, situé dans la cathédrale d'Amiens. L''image centrale est détourée (toutes mes excuses pour ce sacrilège !) d'une partie du retable dit du Jugement dernier, La Tentation de Saint-Antoine,œuvre admirable de Jan Sanders van Hemessen, dans l'église Saint-Jacques, à Anvers.

mercredi 25 janvier 2023

2023, mes(a)vœux, 4 : testament.



Finalement, la mèche (voir 2023, mes (a))vœux,3 : Une mèche errante) se consuma jusqu'à atteindre la bombe, et ce fut l'explosion. Sous l'effet de la déflagration primaire la chaleur devint si intense qu'elle provoqua la fusion du tritum et du deutérium. L'énergie de cette bombe hydrogène d'un diamètre de 6371, 008 km relègua toutes les collisions antérieures entre des objets célestes et d'estimables planètes au rang de pétarades foraines. Il se fit un événement si considérable que le système solaire en fut durablement affecté : l'orbite de milliers d'étoiles devint erratique, elles vacillèrent et s'effondrèrent sur elles-mêmes. Des ouragans s'engouffrèrent dans la voie lactée : son long cortège d'étoiles, superbement décrit par Gallilée, s'en trouva fracassé. Leur pulvérisation disparut dans le trou noir, en son centre. Un squelette, évacué à la hâte par un commando de spectres depuis une tour d'Elseneur, sur le rivage de la Baltique, suspendu à un parachute, rédigeait les mémoires de la terre, de ses peuples, de ses paysages, de son orgueil. C'en était fini des plaines immenses, des rivières, des cascades, c'en était fini des splendeurs toujours recommencées. Et c'en était fini des calamités, des névroses, effacées en une fraction de seconde et dans un jet de lumière. Un ange pleurait cette perte irréversible : avec le macchabée qui en faisait la chronique, il se souvenait de la terre. Son chagrin sincère semblait résoudre et prolonger tout à la fois l'énigme éternelle que posait l'union de la beauté idéale, d'origine divine mais produite par les hommes, et du chaos, à la fois nécessaire et redoutable :C'est ainsi qu'un jour, par hasard,nous nous rappelons tant de choses, tant de visages, mais il n'y a plus personne pour se souvenir de nous, et nous sommes encore vivants. (Angelo Rinaldi, La Dernière fête de l'Empire).



Montage photographique PM : Photographies de l'espace diverses et recomposées pour en faire une seule. Le squelette représenté au bout de son parachute est de Jacques Gamelin (1738-1803) : il s'agit d'une planche du Nouveau Traité d'Ostéologie et de Myologie (1779). L'ange pleureur, de Nicolas Basset (1600-1659), ici détouré d'après une photographie trouvée dans le remaquable site https://ckenb.blogspot.com/2020/07/cherubs-and-baby-jesus.html. Cette œuvre de 1628 fait partie d'un ensemble baroque dénommé Tombeau du chanoine Guilain Lucas et de ses neveux Guillin (avec deux l) Lucas et Honoré Gabriel Brunel, situé dans la cathédrale d'Amiens.

jeudi 12 janvier 2023

2023, mes (a)vœux, 3 : Une mèche errante

Les planètes, lassées, effrayées par le comportement de la Terre, la chassèrent du système solaire. Elle est désormais un globe à la dérive, errant dans la galaxie de la Voie lactée, menacé d'exploser, cherchant un nouveau satellite qui consentirait à l'accueillir dans sa ronde gravitationnelle. Survivra-t-elle à 2023 ?


Illustration : squelette au sablier extrait d'une gravure ancienne d'après Filippo Napoletano -Filippo Teodoro di Liagno, vers 1587-1629- (voir 2023, mes (a)vœux): vendre la mèche), images de la galaxie et vue de la terre, montage P.M,

mardi 10 janvier 2023

lundi 9 janvier 2023

2023, mes (a)vœux, 1 : vendre la mèche




































Illustration : montage P.M (gravure ancienne d'après Filippo Napoletano (Filippo Teodoro di Liagno, vers 1587-1629) et image de la terre.

vendredi 23 décembre 2022

Melancolia



Secouez un homme avec un peu de vivacité, il en sortira plus de larmes que de sperme.



Alors, j'ai pensé à cet extrait de « Le Feu follet», de Pierre Drieu la Rochelle :
« Je me tue parce que vous ne m’avez pas aimé, parce que je ne vous ai pas aimés… Je laisserai sur vous une tache indélébile. Je sais bien qu’on vit mieux mort que vivant dans la mémoire de ses amis. Vous ne pensiez pas à moi, eh bien, vous ne m’oublierez jamais ! ».

Sur Brando : Dernier sanglot à Paris Retour sur le pont, Le fantôme du métro aérien 1 , Le fantôme du métro aérien 2, Le fantôme du métro aérien 3, L'enfance, notre passager clandestin, Le principe de fascination, L'indésirable 2, Brandobsession (Brando's session), Marlon B, for Lady Tanya, and for all Tous les garçons' ladies

Sur Drieu et Le Feu follet : Fin de partie 2 – Avec amitié, La belle argentine et l'homme perdu, Tanya from Russia, America and Paris, Le choix d'un frère, Bruissement, L'amour aux enchères… ainsi que Daniel Darc, cet autre Feu follet : Comme un frère, Soldes avant fermeture -2-

mercredi 23 mars 2022

Mon royaume pour un cheval !



Un cheval ! Un cheval ! Mon royaume pour un cheval!
(William Shakespeare, Richard III, Acte V, scène 4)










Une chose est avérée, vérifiable, évidente : la Russie bombarde un peuple. Ses armes tuent et mutilent des enfants, des femmes, des animaux, ravagent des prairies, des jardins, saccagent des villes. Il y a d'un côté les victimes et, de l'autre, l'agresseur. C'est une chose avérée, vérifiable, évidente, quelles que soient les circonstances, les conditions « objectives », Cela abolit l'« antériorité historique » de ces faits insupportables.



Pour le reste, voici : je n'aime pas l'unanimité contre le peuple russe et la Russie. Il y des années que la France n'assume plus son rôle intellectuel et diplomatique, autrefois majeur. Elle est aujourd'hui moins utile, moins efficace, moins sollicitée que la Turquuie de M. Erdogan, personnage redoutable !
Il me paraît que quelque chose, peut-être, s'est joué, naguère, dans un brouillard de signes et de parades, de postures comme on dit. Quelque chose qui aurait pu annoncer (appeler ?) » l'Europe de l'Atlantique à l'Oural ». Il me paraît que nous avons tourné le dos à cette sollicitation : la classe politique, disons l'élite dirigeante, œuvre à l'édification d'une « région européenne » dont les « composants » (que je continue, pour ma part, à appeler États-nations) seront « intégrés », c'est à dire soumis à une idéologie rassurante, possessive, castratrice. Les peuples y seront pris en charge, leurs citoyens percevront un salaire de la naissance à la mort. Des rebelles de parade, des « insoumis » de music hall, d'ailleurs largement récompensés par les autorités, leur permettront d'imaginer un theâtre de la rébellion, mis en scène par un tribun énervé, volontiers grossier qui les fera frémir par des diatribes pleines de « bruit et de fureur »…

Je trouve comique l'irruption de Bernard Henri Lévy sur le devant des médias. Lui et quelques autres (qui feraient mieux de se taire), jaillissent de leurs boîtes d'oubli dès que retentit le son du canon et le bruit des armes automatiques.

Je suis fort mal placé, cependant, pour sermonner qui que ce soit, tant il est vrai que j'ai toujours tourné le dos au monde…