mardi 5 mars 2019

L'après-midi d'un faune…

Le 1er mars, à l'hôtel Drouot, salle 2, eut lieu une vente aux enchères dans un genre coquin et intéressant, qu'on appelle communément Curiosa, Erotica.
J'extrais du catalogue cette scène sylvestre, où l'on voit une jeune femme joliment fessue accorder une faveur à un faune.
On remarquera le jeune faune dissimulé derrière l'arbre, spectateur attentif et voyeur de ce tableau vivant, et les deux lièvres : l'un est au spectacle, l'autre feint l'indifférence.
Le dessin est du très talentueux Maurice de Becque (1878-1928) ; il illustre l'ouvrage de François Béroalde de Verville (1556-1626), Le Moyen de parvenir, dont je vous recommande la lecture à 4 mains, ou d'une seule main…
  


Bref, fréquentez les forêts, on y fait parfois d'émouvantes rencontres…

Dans cette même vente, on aura pu acquérir bien d'autres produits de l'imagination amoureuse, de cette  « géométrie dans les spasmes » qui inspirent aux amants des figures adorablement obscènes dans l'espace d'une chambre ou d'une porte cochère, défiant les lois de l'équilibre banal.
Par exemple, une belle édition à tirage limité de l'ouvrage de L'Arétin,  (Pietro Aretino 1492-1556), Les Sonnets luxurieux

Voilà ! Et pour terminer, cette chanson qu'interprétait à la perfection la grande Colette Renard, que j'ai eu la chance d'entendre dans son ultime récital.



mercredi 20 février 2019

L'odeur des rues 2



Karl Lagerfeld (1930, 1931, 1932, 1933, 1934, 1935, 1936-2019) : immense personnage !

(Note : les photographies des manifestants sont des captures d'écran. Deux d'entre elles ont été modifiées par mes soins : ajout de deux bulles de texte et rayure d'un mot.)

Sur Kaiser Karl :  Le tremblant des vitrines

dimanche 17 février 2019

L'odeur des rues

À propos d'un philosophe, l'un des plus ardents défenseurs de la culture française, commentateur inspiré de Charles Péguy, conspué hier par des éléments de la populace hargneuse et définitivement dangereuse, ceci :



Apparaissent, parmi d'autres, dans l'extrait ci-dessus d'un film, remarquable, de Daniel Costelle et Isabelle Clarke, deux hommes, Romain Gary et Jean-Louis Crémieux-Brilhac. Ils ont couru tous les risques pour sauver le France entre 1940 et 1945. Ils étaient juifs.

Et encore cette réponse, inspirée, d'un humoriste irrésistible, et, ici, dramatiquement cinglant :



Conclusion : Ingrid Caven, Die Srassen stinken (Les Rues puent)




Note : Je ne crois pas que Finkielkraut portera plainte : il tient compte de la situation paradoxale dans laquelle il s'est trouvé, hier : il a plutôt soutenu le mouvement de protestation des gilets jaunes, or il fut injurié par quelques-uns issus de ce même mouvement. Je pense que sa seule idée consistera à identifier l'origine politique de ces voyous.
 L'autre paradoxe réside dans ce fait : il n'est nullement un soutien inconditionnel de la politique israélienne.
Qui sont ses insulteurs ?

Sur Ingrid Caven, voyez La femme du Pigall"s     Le goût de la rengaine et des cabarets     C'était hier…

samedi 2 février 2019

La mécanique des fluides

 


J'éprouve ton émoi, il me laisse pantois,
Et tout ce qui ondoie sous mes doigts est à toi,

Ma mécanique sonde ton ventre excentrique,
Dont j'affronte la houle et le feu tellurique

J'y habite un moment, je suis son locataire,
Creusant ma galerie de lombric adultère

Si je ferme les yeux, tes soupirs sont mon guide,
Et je paie mon loyer uniquement en fluide.


mardi 1 janvier 2019

Avec la langue ! (Mes vœux)

Ici commencent mes vœux…






































 Cette langue, ces deux lèvres et une partie de ces dents d'une mâchoire supérieure ont été dessinées par John Pasche, légèrement modifiées par Graig Brown, avant de devenir le logo, l'étendard des Rolling Stones à partir de 1971.
Ce dessin figure parfaitement la sensualité agressive, débordante, que démontrèrent les Stones dès qu'ils se firent connaître. Ce jaillissement de muqueuses, ce surgissement hypervascularisé, charnu à l'excès, abondant, rubicond, offert, imposé comme un dard avide, c'est toute l'insolence, la hâte de plaisir, l'arrogante offrande d'organes qui, d'ordinaire, ne se manifestent aussi brutalement, aussi joyeusement que dans l'intimité….
Toute la personne de Mike Jagger, tout son dandysme moderne, encanaillé, piqué même d'une pointe d'obscénité, tout cela est comme figé remarquablement. Et tout cela forme le miroir des Stones, et celui de l'Angleterre rénovée.
En ce temps-là, le monde était dans son adolescence…

Alors, voici le premier de leur souhait, tel qu'ils le chantaient, le proclamaient en 1967.
Quant à nous, à  défaut de passer la nuit ensemble, si nous passions l'année ensemble ?


lundi 24 décembre 2018

Un Noël d'autrefois

Mes compatriotes sont à ce point soumis, à ce point conformistes et intimidés, qu'ils n'osent plus proclamer « joyeux Noël ! » en public. Bien sûr, la radio et la télévision d'État, émettrices d'opinions normalisées, d'un commun accord tacite, se garderont bien de contrevenir aux règles non écrites de la doxa anti-chrétienne. Alors, on n'entend plus, répétée à l'envi, que la vaine formule « bonnes fêtes de fin d'année ! », neutre et typique de la conformité frileuse du nouveau vocabulaire (ainsi de « territoire », par exemple), qui veut rassembler les fêtes de la Nativité et celles du Nouvel An dans une stupide et vaine collection de réjouissances .
Quant à moi, je souhaite à toutes celles et à tous ceux qui passeront par ici ce soir, un joyeux, un heureux, un délicieux Noël. Je sais que ceux qui croient au Petit Jésus auront une raison de se réjouir de cette date (au reste fort approximative). Je n'oublie pas que je suis une très modeste partie de l'immense civilisation française, judéo-chrétienne, qui s'est construite avec Dieu et, parfois, contre lui.
Les autres traverseront ces événements en rentrant la tête dans les épaules. Après tout, ce n'est que l'affaire d'une nuit !
À tous, je dédie ces deux délicieux dessins, sans doute démodés, mais charmants, et, ce faisant, je pense tout particulièrement, avec un sourire narquois, à quelques déplaisantes figures du néo-féminisme…
























Note : chacun placera dans la hotte du Père Noël ce qui convient à la représentation de ses vœux. Mon Papa No préfère les dames, mais sa besace n'est nullement hétéronormée.
Je vous souhaite une douce et « hot » nuit.






lundi 3 décembre 2018

Les rendez-vous qui engendrent des larmes (lacrymogènes)


Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles
(Arthur Rimbaud, extrait du Bateau Ivre, 1871)



A-t-on laissé faire cela ? C'est possible. Cela s'est déjà vu. La journée du 1er décembre restera dans les mémoires des parisiens : une journée, une soirée de désolation. Il ne manquait que les armes à feu. Sortiront-elles un jour prochain ? On a l'impression que certains le souhaitent.

Il reste que je n'ai jamais vu une rupture aussi rapide, aussi évidente, entre le peuple français et sa classe gouvernante, et le premier de ses représentants, le président de la République.
Le temps politique a connu une brutale métamorphose, tout se précipite, les mots ne savent plus s'opposer au réel en formation, il ne peuvent plus même tenter d'organiser le chaos. C'est une insurrection.
La plainte massive des Français est légitime : ils ne vivent plus décemment du fruit de leur travail. Le salaire moyen de ce peuple (et de beaucoup d'autres en Europe) ne couvre pas ses dépenses banales, celles de la simple nécessité ordinaire. Cela ne date pas d'aujourd'hui, mais cela jaillit aujourd'hui, à la manière d'une lave longtemps contenue.
M. Macron n'a pas produit cette situation, qui lui était bien antérieure, mais ses provocations verbales ont rapidement ouvert les yeux de la population modeste, qui l'avait choisi par lassitude de tous les autres.
Que faire ? Je l'ignore.
On a vu l'ineffable M. Hollande démontrer sa solidarité avec les gilets jaunes, Mme Royal également, qui paraît atteinte de troubles de la mémoire… M. Mélenchon et Mme Le Pen prétendent épouser la vague émeutière, laquelle, espèrent-t-ils, les portera au pouvoir. Dans ce cas, par exemple, M. Corbière et sa compagne, Mme Garrido, auront chacun un ministère. Promulgueront-ils une loi qui me contraindra à écouter religieusement leurs discours, leurs interventions, leurs justifications ? Imaginer ces deux époux envahissants, charnellement si prospères qu'on les imagine gavés de sucreries, m'imposer le spectacle de leurs satisfactions ministérielles m'est proprement insupportable.
La politique disparaît dans le brouillard chimique des grenades lacrymogènes. Les ombres  de quelques politiciens de second rang s'avancent et prétendent aux meilleurs emplois.