vendredi 29 novembre 2013

C'est ainsi qu'un soir, on cherche à savoir…


C'est une chanson très ancienne de Tom Waits. Elle date de 1973, et figurait dans l'album « Closing time ».
Il demande à l'opérateur un numéro de téléphone, et s'interroge, en attendant d'obtenir la communication : « Il y a si longtemps, se souviendra-t-elle seulement de ma voix ? Allo ! allo ! C'est Martha ? Ici, Tom, j'appelle de très loin… »
Il lui rappelle une époque très ancienne, « pleine de roses, de poésie et de littérature », où il était tout pour elle, comme elle était tout pour lui. Il n'avait qu'elle, elle n'avait que lui. Demain n'existait pas. Mais voilà, aujourd'hui, il se sent vieux. Et son mari, ses enfants, comment vont-ils ? Il est marié, lui aussi. Il lui rappelle sa jeunesse ardente. Que reste-t-il de tout cela ? Quel souvenir leur amour a-t-il laissé à Martha ? 


Quelle inquiétude absurde et insurmontable nous pousse, un soir, à interroger un souvenir enfoui ? Alors qu'il n'est pas de réponse possible, ni même souhaitable.

Et cette version « live » :


Pour Tom Waits, si le cœur vous en dit, rendez-vous iciou làou encore ici

8 commentaires:

Florence a dit…

C'est un très beau billet que vous nous proposez là, cher Patrick. Autant que la chanson de Tom Waits, ce que vous en dites.
Rien à voir, mais avez-vous finalement regardé et aimé Estate violenta ? Bien sûr, vous n'êtes pas obligé de dire oui !

Patrick Mandon a dit…

Ah, chère Florence, voici une chose curieuse : je n'ai pas pensé à vous en écrivant cette petite chose, mais, en lisant votre message, je me rends compte combien il correspond à ce que je crois comprendre de votre personne. Je me rends régulièrement chez vous, et je m'enchante de votre belle sensibilité, de votre perception si fine des choses infimes, que vous cherchez à la trace, et que vous retrouvez dans le passé, en les évoquant. Il y a une grâce chez vous, Florence, une mélancolie active. Je pense que vous savez comme personne obtenir de quelques êtres ce que vous pressentez qu'ils peuvent vous donner. C'est ainsi que vous les rendez meilleurs qu'ils ne sont. Et s'ils ne répondent pas à votre attente, vous ne les jugez ni ne les condamnez. Quelque chose, quelqu'un viendra.
Pour Estate violenta , figurez-vous que le site auquel je me suis adressé m'a fait savoir qu'il était en rupture de stock. Mais votre rappel va fort à propos précipiter ma recherche. J'ai vu tous les extraits disponibles et je suis absolument certain que je vais aimer ce film.

Florence a dit…

Vos mots me touchent beaucoup, Patrick. Merci.

Anna Valenn a dit…

Vos mots visent juste, Patrick. Florence, mon amie, est dans la vie, telle que vous la décrivez.

Célestine a dit…

Il est des voix dont le timbre est lui-même nostalgique. Celle de Tom Waits est de celles-là.
Je n'ai cessé de penser à une nouvelle que j'ai écrite il y a quelques années, et que j'avais pompeusement intitulée "Les yeux de Semiramis".
Une femme retrouvait une lettre dans un livre et faisait remonter un amour perdu à la surface.
Un amour plein de roses et de poésie, comme dans la chanson.Merci de m'avoir permis de raviver ce souvenir de ma jeunesse ardente.

Patrick Mandon a dit…
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Patrick Mandon a dit…

Célestine : « Je n'ai cessé de penser à une nouvelle que j'ai écrite il y a quelques années […] ». Nous la lirons peut-être quelque jour, dans votre blogue, chère Semiramie.
Je salue Anna, qui vient et qui va.

- Le douanier : « Rien à déclarer ? »
- Non
- Et dans ce gros sac, là ? Ouvrez-le, je vous prie… Mais, il est vide !
- Au contraire, il déborde.
- Ah, j'ai compris ! Je fais comme vous. Mais prenez-garde : il se murmure qu'on n'aura bientôt plus droit qu'à un très petit bagage de mélancolie.

Jérôme Leroy a dit…

Ce "petit bagage de mélancolie" me fait songer presque immédiatement à
"Ne me secouez pas, je suis plein de larmes"
Henri Calet, ce Tom Waits de e notre littérature.