mardi 25 février 2014

Et l'argent de mes cheveux…




Il ne fallait pas s'approcher de sa « bouche délicate, abondante, toujours ouverte, comme un fruit qui cède à sa propre succulence » (Pierre Drieu la Rochelle, Blèche).











À gauche, Louis Aragon au début des années trente ; à droite, Pierre Drieu la Rochelle à la même époque. Ils furent inséparables, puis ils se séparèrent : ils devinrent ennemis intimes.On entendra deux versions d'un poème d'Aragon, mis en musique par Jacques Douai.






6 commentaires:

Nuageneuf a dit…

Savez-vous que Jacques Douai choisit son nom de scène simplement parce qu'il naquit à Douai. Il fut de mes amis. C'était un poète. Il ne vivait que de poésie. (et de whisky)Sa fidèle compagnie fait partie de mes beaux et rares souvenirs d'humanité, de camaraderie et de joie de vivre, même s'il était le plus sombre des hommes.

Patrick Mandon a dit…

Cher Jean-Michel, voilà bien une information qu'il vous faudrait développer. Si le cœur vous en dit un jour… Mais peut-être l'avez-vous fait chez vous ? D'une manière générale, j'observe votre bel attachement au Nord : lumière, paysages, villes, personnages… Ils vous constituent aussi.

Célestine a dit…

Je note avec ravissement que les deux ennemis intimes se font face, la rose et le réséda, celui qui croyait au ciel, celui qui n'y croyait pas, l'un à gauche et l'autre à droite (la vérité historique est respectée) et que j'aurais de toutes façons choisi Louis si j'avais été mise en demeure de le faire.Quelle beauté dans les traits!Qu'il était donc joli garçon!
Quant à la bouche féminine chantée par l'un, j'aurais vu avec un fin bonheur que vous lui opposassiez les yeux d'Elsa glorifiés par l'autre. Ajoutant ainsi à l'équilibre de l'ensemble.

Patrick Mandon a dit…

Joli commentaire, Célestine. J'ai déjà dit ici et ailleurs que je considérais Drieu comme un frère, je le maintiens. Son ombre m'a accompagné si souvent dans les rues de Paris, la nuit. Je sais tout de lui. Quant à Aragon, figurez-vous qu'il m'a autorisé, un jour, à faire quelques pas dans sa compagnie. Je rapporte l'histoire quelque part dans ce blogue. Vos surgissements sont toujours une grâce, et souvent impertinente !

Célestine a dit…

Je veux bien vous concéder que de nos jours, l'imparfait du subjonctif soit d'une d'impertinence absolue...
;-)

Patrick Mandon a dit…

Il est vrai, pourtant, qu'« opposassiez » ne sonne pas très agréablement. J'ai cru comprendre que c'était une sorte de défi grammatical augmentée d'une démonstration de savoir-faire.

Je m'oppose assez
(poème bref, où je disparais à la fin)

Je m'oppose au potassium
Et je défends l'opossum
Je rôde auprès des arums
Et je m'efface à la gomme