mardi 15 septembre 2026

Sainte Rita et quelqu'un d'autre

Ici, je pense à quelqu'un et je fais une halte. Elle était l'élégance-même, le chic parisien chaque jour inventé, la mode hors la mode. La chanson, écrite et interprétée par Rita Mitsouko, Marcia Baila, la plongeait dans un état de joie électrique.



M. Mélenchon et ses acolytes d'aigreur, les Verts (comment peut-on voter Marine Tondelier ?), et une cohorte de français apreurés, atterés, déçus, mal aiguillés vers le ressentiment par des agitateurs vindicatifs, dangereux, clouent au pilori une classe sociale qu'ils vont répétant être la bourgeoisie. Elle était une bourgeoise d'origine, d'éducation, de comportement, c'est à dire qu'elle considérait son prochain avec une bienveillance et un respect universels. M. Mélenchon, que l'on entend postilloner d'interminables diatribes venimeuses sur le mode fidelcastriste, a-t-il jamais démontré de la bieveillance et du respect pour son prochain ? Peut-être, mais je n'en ai pas connaissance. Bref, elle aimait infiniment cette chanson parfaite et ne l'écoutait pas, elle qui jouait admirablement Beethoven au piano, sans esquisser des figures tumultueuses. Je lui rends hommage ainsi qu'à Catherine Ringer.

jeudi 20 août 2026

Vous reprendrez bien un peu de cendre (J'ai de l'eau jusqu'à la taille 2)

Un goût de cendre dans la bouche ? Ne vous affolez pas, le temps de la poussière viendra bientôt…



Cette spendide version enregistrée avec orchestre de la musique, lancinante, de la série allemande Babylon Berlin (voir dans le présent blog l'article Après la guerre, c'est déjà la guerre) que j'ai découverte grâce à l'ami suisse (blog pour15minutesdamour, hautement fréquentable), est un hymne sarcastique, une manière de désolation nerveuse, adorablement expressionniste, glacée cependant. Le chanteur, également comédien dans cette même série, se nomme Tim Fischer.

Il paraît qu'à la fin, tu es las de ce monde ancien (1) ? Tu suivrais volontiers M. Mélenchon pour en précipiter la chute, n'est-ce pas ? Tu goûtes fort ses diatribes cafardeuses contre ce vieux monde. Tu espères que son système de dénonciations permanentes, de revendications aigres, que son fiel postillonné, que sa face-même, toute de chair molle et crayeuse, balaieront les derniers vestiges de notre décadence. Tu crois ce qu'il dit, bien sûr, car tu es stupide, comme l'essentiel de ceux qui composent la troupe de ses électeurs. Qu'opposer à la bile jaune de Mélenchon, qui se projette sur les faces ahuries de ses zélateurs, toujours énervés ? La simple beauté de la décadence, peut-être.

1)« Á la fin tu es las de ce monde ancien… », ainsi commence le poème Zone, de Guillaume Apollinaire.

« Complément » d'objet direct:



« ©ompliment » d'objet direct :



Encore un peu d'envoûtement :

vendredi 17 juillet 2026

J'ai de l'eau jusqu'à la taille…

C'est ainsi que se figent un instant, puis disparaissent momentanément, sur l'écran de notre propre énigme, les images d'une vie : les chansons idiotes et sentimentales, les promenades dans les rues de Paris, les cris suraigus d'une petite chatte rousse qui vient de nous apercevoir et ne saurait différer plus longtemps le plaisir de solliciter nos caresses, l'errance inquiète ou amusée dans une bourgade infiniment provinciale, les vitrines de sous-vêtements féminins, le souvenir d'une mère qui fixe son bas nylon en haut de sa cuisse, les librairies encerclées qui ne veulent pas se rendre, les livres dont les pages réclament encore la tendre pince de nos doigts, les sihouettes aimables qui ne feignent pas d'ignorer notre désir, les films qui semblent venir d'une autre fiction, la bêtise tendre, les quelques mots essentiels et de très faible intensité (« Ne prends pas froid », « Appelle-moi plus souvent »…), les banquettes en velours cramoisi, la buée sur les vitres en décembre, le quai d'un port noyé dans la brume où s'impatiente un paquebot, les gens qu'on aimait et qui se sont tus à jamais, la sensation de frôler des êtres invisibles, l'effroi fondamental qui nous saisit par moment, un rai de lumière dans une chambre apaisée, un jeune homme qui me ressemble et m'adresse un adieu ironique, les ombres des mortels, les cimetières modestes, les pas qu'on croit entendre dans la pièce voisine alors qu'il n'y a personne, et tout ce que mes fantômes familiers déposent dans les lieux que je fréquente habituellement ou dans lesquels je viens de pénétrer ?



dimanche 29 mars 2026

État d'esprit bis





























Je ne me supporte plus qu'en négatif, un non-reflet de moi sur un mur, une porte, une forme « insolée » une masse sans trait, « détourée », la représentation d'une persistance rétinienne sur une surface.
En négatif, en ombre, je n'ai pas changé, au vrai, je suis ruiné, je coule, je sombre, je me brouille…

Pour soutenir ce lamento d'un prévieillard gémissant, choisissons ce supebe morceau qui m'évoque un sac de larmes :







Et sur le conseil d'un mélomane, le cher Paul, un raffiné à l'ancienne, cette composition qu'il convient d'entendre avant de disparaître…



État d'esprit (1)

« C'est ainsi qu'un jour, par hasard, nous nous rappelons tant de visages et tant de choses, mais il n'y a plus personne pour se souvenir de nous, et nous sommes encore vivants. »
Angelo Rinaldi « La dernière fête de l'Empire ».



De Henri Duparc, compositeur de premier plan parfois négligé, voici « Chanson triste », par Régine Crespin :

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lundi 23 février 2026

Le monde perdu 1 : une jeunesse



J'étais très jeune, et le monde l'était avec moi. J'allais souvent seul au cinéma, je me glissai, avec une volupté que j'anticipais, dans une salle obscure du XVIIe arrondissement de Paris, aujoud'hui transformée en surface de vente illuminée. La fascination prenait alors les commandes et m'entraînait dans sa féérie : l'écran s'interposait, et j'accomplissais une métamorphose à chaque fois recommencée…
Il y a dans cette seule scène du film de Jerzy Skolimovsky Le Départ plus de preuves de l'existence du cinéma lui-même et de la nécessité de cette existence pour notre bonheur, jusqu'au vertige, que dans la plupart des films français de ces vingt dernières années ! Tant il est vrai que nombre de ces films sont inutiles (mais il y a des exceptions remarquables).

Pour achever cette lamentation d'un vieux gamin usé, cette chanson qui entretient adorablement ma mélancolie native :





Et encore celle-ci, la dernière qu'il faudra entendre avant de perdre définitivement de vue les « éblouissants repères » qui nous auront fait vaciller :



Et ceci, pour illustrer l'échange avec Celestine (voir les commentaire), où l'on voit que Virna Lisi porte à ses lèvres les cigarettes avec la même grâce qui animait chacun de ses mouvements à l'écran et sans doute partout ailleurs.

jeudi 15 janvier 2026

Tout doit disparaître

Le film n'est certes pas exclusivement consacré à la mélancolie des aristocrates en guerre, mais enfin cette scène leur donne l'occasion d'échanger des propos plein d'élégance et de tristesse. Lorsque M. Mélenchon, gouvernera ce qu'il reste de la France, son ministre du Chaos dans la culure, M. Deloglu, interdira peut-être ce chef-d'œuvre du cinéma, sorti en 1937, La Grande illusion.
Quelques nostalgique engagés dans l'Armée des ombres sur l'écran organiseront dans les caves des projections clandestines.



Je l'ai vu étant enfant, puis tant de fois, sans jamais en être las : entendez les confidences de ces deux aristocrates sans espoir, incarnés superbement par Erich von Stroheim et Pierre Fresnay.
Un grand film démocratique et audacieux, où tout se dit et s'oppose, où tout se joue ! C'est assez dire qu'il serait censuré, aujourd'hui, par France-inter…