Combien d'ombres, postées devant le vestiaire, nous tendront la veste, le gilet, le manteau en cachemire, la paire de bottines à boutons en cuir noir luisant, que nous portions de préférence pour tenir tête aux injures de l'âge ? Que choisir dans la garde-robe ultime, le dressing de la dernière et vaine coquetterie ? Qui murmurera, comme un avertissement perfide : « Cela ne te va pas du tout », et encore « Quand cesseras-tu de voir ton reflet dans un miroir amnésique ? Le passé de ton apparence est sans avenir. Tu as cessé de plaire, à quoi bon vouloir paraître ? Ce que tu revêts ne t'épargne pas le malheur d'être. »
Pour l'apparence, comment donner tort à la voix perfide qui nous observe sans aménité ? Mais pour la mémoire sentimentale, pour le dépôt d'amour déposé dans le souvenir intime ? Mina, qui vient d'enregistrer cette magnifique version de Vento di Passione, chanson de Pino Daniele, nous souffle la meilleure des réponses. Entendez cette voix d'Italie, son timbre heureusement affecté par le léger gravier de gorge péninsulaire, son blues apaisé.
Tous les garçons s'appellent Patrick
Nomade's land
mardi 22 septembre 2026
lundi 21 septembre 2026
El Pálido Máximo et la musique
Il poursuivra son œuvre noire sur toutes les tribunes où il se fera acclamer par une jeunesse énervée. M. Mélenchon aime-t-il la musique ? Les acclamations certes, les vociférations assurément, l'adulation des foules, bien sûr, que la menace du chaos fascine, mais l'harmonie tendre ou l'audacieuse recherche de la mélodie ?
Clara Schumann fut à l'évidence l'une des plus grandes pianistes de son temps et une immense compositrice. Or, elle sacrifia une grande partie de ses dons pour que s'accomplît le bonheur de ses huit enfants et de son génial mari, Robert, qu'elle aima éperdument (mais l'on s'interroge sur le fait qu'elle ne lui rendit visite que peu de temps avant sa mort, alors que, en proie à ses démons, il était interné. Johannes Brahms, d'ailleurs très épris de Clara, le voyait très régulièrement).
Sahun Sam Hong est au piano, Zachary Mowitz au violoncelle : c'est un morceau de civilisation.
Ce beau garçon se nomme Marc André. Déjà violoncelliste célébré, il interprête ici avec l'orchestre polonais NFM Wroclaw Philarmonic, Élégie, de Gabriel Fauré. Cette merveille couvrira-t-elle les imprécations lancées par le Blafard Maximum (El Pálido Máximo)?
Clara Schumann fut à l'évidence l'une des plus grandes pianistes de son temps et une immense compositrice. Or, elle sacrifia une grande partie de ses dons pour que s'accomplît le bonheur de ses huit enfants et de son génial mari, Robert, qu'elle aima éperdument (mais l'on s'interroge sur le fait qu'elle ne lui rendit visite que peu de temps avant sa mort, alors que, en proie à ses démons, il était interné. Johannes Brahms, d'ailleurs très épris de Clara, le voyait très régulièrement).
Sahun Sam Hong est au piano, Zachary Mowitz au violoncelle : c'est un morceau de civilisation.
Ce beau garçon se nomme Marc André. Déjà violoncelliste célébré, il interprête ici avec l'orchestre polonais NFM Wroclaw Philarmonic, Élégie, de Gabriel Fauré. Cette merveille couvrira-t-elle les imprécations lancées par le Blafard Maximum (El Pálido Máximo)?
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A man and his music
mardi 15 septembre 2026
Sainte Rita et quelqu'un d'autre
Ici, je pense à quelqu'un et je fais une halte. Elle était l'élégance-même, le chic parisien chaque jour inventé, la mode hors la mode. La chanson, écrite et interprétée par Rita Mitsouko, Marcia Baila, la plongeait dans un état de joie électrique.
M. Mélenchon et ses acolytes d'aigreur, les Verts (comment peut-on voter Marine Tondelier ?), et une cohorte de français apeurés, atterrés, déçus, mal aiguillés vers le ressentiment par des agitateurs vindicatifs, dangereux, clouent au pilori une classe sociale qu'ils vont répétant être la bourgeoisie. Elle était une bourgeoise d'origine, d'éducation, de comportement, c'est à dire qu'elle considérait son prochain avec une bienveillance et un respect universels. M. Mélenchon, que l'on entend postilloner d'interminables diatribes venimeuses sur le mode fidelcastriste, a-t-il jamais démontré de la bieveillance et du respect pour son prochain ? Peut-être, mais je n'en ai pas connaissance. Bref, elle aimait infiniment cette chanson parfaite et ne l'écoutait pas, elle qui jouait admirablement Beethoven au piano, sans esquisser des figures tumultueuses. Je lui rends hommage ainsi qu'à Catherine Ringer.
M. Mélenchon et ses acolytes d'aigreur, les Verts (comment peut-on voter Marine Tondelier ?), et une cohorte de français apeurés, atterrés, déçus, mal aiguillés vers le ressentiment par des agitateurs vindicatifs, dangereux, clouent au pilori une classe sociale qu'ils vont répétant être la bourgeoisie. Elle était une bourgeoise d'origine, d'éducation, de comportement, c'est à dire qu'elle considérait son prochain avec une bienveillance et un respect universels. M. Mélenchon, que l'on entend postilloner d'interminables diatribes venimeuses sur le mode fidelcastriste, a-t-il jamais démontré de la bieveillance et du respect pour son prochain ? Peut-être, mais je n'en ai pas connaissance. Bref, elle aimait infiniment cette chanson parfaite et ne l'écoutait pas, elle qui jouait admirablement Beethoven au piano, sans esquisser des figures tumultueuses. Je lui rends hommage ainsi qu'à Catherine Ringer.
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Un peuple qui chante toujours
jeudi 20 août 2026
Vous reprendrez bien un peu de cendre (J'ai de l'eau jusqu'à la taille 2)
Un goût de cendre dans la bouche ?
Ne vous affolez pas, le temps de la poussière viendra bientôt…
Cette spendide version enregistrée avec orchestre de la musique, lancinante, de la série allemande Babylon Berlin (voir dans le présent blog l'article Après la guerre, c'est déjà la guerre) que j'ai découverte grâce à l'ami suisse (blog pour15minutesdamour, hautement fréquentable), est un hymne sarcastique, une manière de désolation nerveuse, adorablement expressionniste, glacée cependant. Le chanteur, également comédien dans cette même série, se nomme Tim Fischer.
Il paraît qu'à la fin, tu es las de ce monde ancien (1) ? Tu suivrais volontiers M. Mélenchon pour en précipiter la chute, n'est-ce pas ? Tu goûtes fort ses diatribes cafardeuses contre ce vieux monde. Tu espères que son système de dénonciations permanentes, de revendications aigres, que son fiel postillonné, que sa face-même, toute de chair molle et crayeuse, balaieront les derniers vestiges de notre décadence. Tu crois ce qu'il dit, bien sûr, car tu es stupide, comme l'essentiel de ceux qui composent la troupe de ses électeurs. Qu'opposer à la bile jaune de Mélenchon, qui se projette sur les faces ahuries de ses zélateurs, toujours énervés ? La simple beauté de la décadence, peut-être.
1)« Á la fin tu es las de ce monde ancien… », ainsi commence le poème Zone, de Guillaume Apollinaire.
« Complément » d'objet direct:
« ©ompliment » d'objet direct :
Encore un peu d'envoûtement :
Cette spendide version enregistrée avec orchestre de la musique, lancinante, de la série allemande Babylon Berlin (voir dans le présent blog l'article Après la guerre, c'est déjà la guerre) que j'ai découverte grâce à l'ami suisse (blog pour15minutesdamour, hautement fréquentable), est un hymne sarcastique, une manière de désolation nerveuse, adorablement expressionniste, glacée cependant. Le chanteur, également comédien dans cette même série, se nomme Tim Fischer.
Il paraît qu'à la fin, tu es las de ce monde ancien (1) ? Tu suivrais volontiers M. Mélenchon pour en précipiter la chute, n'est-ce pas ? Tu goûtes fort ses diatribes cafardeuses contre ce vieux monde. Tu espères que son système de dénonciations permanentes, de revendications aigres, que son fiel postillonné, que sa face-même, toute de chair molle et crayeuse, balaieront les derniers vestiges de notre décadence. Tu crois ce qu'il dit, bien sûr, car tu es stupide, comme l'essentiel de ceux qui composent la troupe de ses électeurs. Qu'opposer à la bile jaune de Mélenchon, qui se projette sur les faces ahuries de ses zélateurs, toujours énervés ? La simple beauté de la décadence, peut-être.
1)« Á la fin tu es las de ce monde ancien… », ainsi commence le poème Zone, de Guillaume Apollinaire.
« Complément » d'objet direct:
« ©ompliment » d'objet direct :
Encore un peu d'envoûtement :
vendredi 17 juillet 2026
J'ai de l'eau jusqu'à la taille…
C'est ainsi que se figent un instant, puis disparaissent momentanément, sur l'écran de notre propre énigme, les images d'une vie : les chansons idiotes et sentimentales, les promenades dans les rues de Paris, les cris suraigus d'une petite chatte rousse qui vient de nous apercevoir et ne saurait différer plus longtemps le plaisir de solliciter nos caresses, l'errance inquiète ou amusée dans une bourgade infiniment provinciale, les vitrines de sous-vêtements féminins, le souvenir d'une mère qui fixe son bas nylon en haut de sa cuisse, les librairies encerclées qui ne veulent pas se rendre, les livres dont les pages réclament encore la tendre pince de nos doigts, les sihouettes aimables qui ne feignent pas d'ignorer notre désir, les films qui semblent venir d'une autre fiction, la bêtise tendre, les quelques mots essentiels et de très faible intensité (« Ne prends pas froid », « Appelle-moi plus souvent »…), les banquettes en velours cramoisi, la buée sur les vitres en décembre, le quai d'un port noyé dans la brume où s'impatiente un paquebot, les gens qu'on aimait et qui se sont tus à jamais, la sensation de frôler des êtres invisibles, l'effroi fondamental qui nous saisit par moment, un rai de lumière dans une chambre apaisée, un jeune homme qui me ressemble et m'adresse un adieu ironique, les ombres des mortels, les cimetières modestes, les pas qu'on croit entendre dans la pièce voisine alors qu'il n'y a personne, et tout ce que mes fantômes familiers déposent dans les lieux que je fréquente habituellement ou dans lesquels je viens de pénétrer ?
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Les mots pour le dire
dimanche 29 mars 2026
État d'esprit bis
Je ne me supporte plus qu'en négatif, un non-reflet de moi sur un mur, une porte, une forme « insolée » une masse sans trait, « détourée », la représentation d'une persistance rétinienne sur une surface.
En négatif, en ombre, je n'ai pas changé, au vrai, je suis ruiné, je coule, je sombre, je me brouille…
Pour soutenir ce lamento d'un prévieillard gémissant, choisissons ce supebe morceau qui m'évoque un sac de larmes :
Et sur le conseil d'un mélomane, le cher Paul, un raffiné à l'ancienne, cette composition qu'il convient d'entendre avant de disparaître…
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Il est plus tard que je ne crois
État d'esprit (1)
« C'est ainsi qu'un jour, par hasard, nous nous rappelons tant de visages et tant de choses, mais il n'y a plus personne pour se souvenir de nous, et nous sommes encore vivants. »
Angelo Rinaldi « La dernière fête de l'Empire ».
De Henri Duparc, compositeur de premier plan parfois négligé, voici « Chanson triste », par Régine Crespin :
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Angelo Rinaldi « La dernière fête de l'Empire ».
De Henri Duparc, compositeur de premier plan parfois négligé, voici « Chanson triste », par Régine Crespin :
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Il est plus tard que je ne pense
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