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mercredi 6 octobre 2010

M. Girard, fabricant de scandales et de sacs à main

On apprend que l'exposition des photographies de Larry Clark, qui a pour cadre le Musée d'art moderne, sera interdite aux moins de dix-huit ans. Ce qui retient mon attention, c'est ceci : la ville de Paris, son maire, son adjoint aux affaires culturelles sont responsables de ce scandale. Et ils le sont à la manière, biaisée, de cette affreuse gauche, qui dirige désormais nos modes de vie et nos consciences. Georges Pompidou avait, en matière d'art moderne, un goût plus sûr et un courage plus affirmé !
M. Christophe Girard, baigneur des bords de Seine et maroquinier pro-chinois, prétend que la mesure d'interdiction a été prise par respect de la loi sur la protection de la jeunesse. Le public ne s'est pas prononcé. Et pour cause, l'exposition n'est pas encore ouverte. M. Girard, cultureux de métier, marchand de sacs à main de profession, se retranche devant un scandale qui n'existe pas. Ce faisant, il réduit encore un peu la part de liberté des français et des parisiens. Il est pire qu'un père-la-pudeur à l'ancienne, il est respectueux d'une vertu qui ne s'est point offusquée. Cette engeance de gauche domine désormais nos villes. Demain, elle aura tous les pouvoirs. Elle a fabriqué une droite, pour servir à ses ambitions. La droite n'est plus qu'une projection de la gauche.
Je les compisse toutes deux !

Photo PM




samedi 18 juillet 2009

Blues français


Du Moyen Age à l'âge de plomb
Pourrais-je longtemps encore ignorer que le monde réel me sollicite ? Et qu'il le fait avec une insistance croissante ? Il m'impose le spectacle quotidien de mon erreur, il m'objecte sans douceur mon long aveuglement. Il m'accompagne jusqu'au sein de mon illusion confortable, sème le désordre dans ma vie, m'interrompt d'un rire d'ironie lorsque je murmure un air de Charles Trenet, se gausse de mes postures compliquées. Le monde réel me tourmente à plaisir et sort de sa poche, de temps à autre, pour y ajouter un chiffre, la facture de mon désastre annoncé. Je suis, pour peu de temps encore, son débiteur. Le monde réel me contraint à examiner d'un peu près le visage de ce pays luxueux, qui vit désormais très en-dessous des moyens que lui fournirent, jadis et naguère, les meilleurs d'entre nous.
La France est née du génie médiévale, par lui, elle comprit qu'il n'est de civilisation aimable et paradoxale sans la conversation des femmes, sans leurs concours, sans leur constant souci de nous améliorer et de nous contraindre. Les femmes ne furent pas moins cruelles, égoïstes, vaniteuses, lâches, débauchées, dissimulées, violentes que les hommes, elles le furent différemment, elles le furent avec le sentiment de tenir leur rang dans la société. Aujourd'hui, que reste-t-il de cette créature affolante qui me donnait le sentiment d'appartenir à un rêve plutôt qu'à une terre ? Que reste-t-il de cette géniale invention qui m'autorisait à lui être fidèle sans lui paraître soumis ? Il ne reste que le monde réel. C'est assez dire que je suis menacé de connaître bientôt la plus grande précarité. Photographie : plainte d'arbre, agonie amoureuse, baillement de tronc ?