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mercredi 31 décembre 2025

La Vérité !





Le navrant chef du parti socialiste -cet amas résiduel d'un vaste, puissant, audacieux mouvement d'intellectuels et d'ouvriers qui n'est plus « fréquenté » que par une classe intermédiaire mi-chèvres agressives mi-choux insignifiants- a tenu des propos à la fois indigestes, conformistes et déplaisants sur Brigitte Bardot. Puisse ce manipulateur de vaine ambition se fracasser contre le mur de la réalité !

jeudi 22 août 2013

Lubie

Montaigne, lancé sur les chemins, se préoccupait de trouver toujours du neuf, laissant derrière lui ce qu'il avait trop vu. Mais peut-on connaître ce que l'on cherche, quand on sait ce que l'on fuit ? Quant à moi, je n'aime rien tant qu'imaginer ce que je suis presque certain de trouver ailleurs, et je ressens comme une heureuse surprise le simple fait d'éprouver ce que j'avais pressenti.
Cela dit, il se fait une lente érosion des formes de la vieille Europe. On dirait que son passé, lointain ou proche, l'encombre. Ainsi Budapest, qui, au train où y vont les choses, ne se ressemblera tantôt plus.

Elle était belle et souple, et venait de Nubie,
La tenant dans ses bras, il serrait sa lubie. 
Un matin, cependant, revint sa danubienne ;
Il se fit aimer d'elle, et garda sa nubienne.

















Ci-dessus, le pont dit des Chaînes, (Széchenyil Lánchid), Budapest. 

Je souhaite vivement à cette ville admirable de se ressaisir, et de trouver sa place dans la vieille Europe. Je vois peser sur elle deux menaces : le nationalisme agressif et l'américanisation accélérée de son mode de vie. En outre, il n'est pas anodin qu'elle soit devenue la capitale de la pornographie et de la prostitution. Les très belles hongroises ne sauraient se satisfaire d'être l'objet d'un marketing sexuel, à la fois vil et « ultralibéral ».
L'Europe possède une réserve culturelle, qu'elle s'acharne, actuellement, non pas à épuiser, mais à enfouir. 

dimanche 23 décembre 2012

Une main tendre et légère

« Ah, vous autres hommes faibles et merveilleux qui mettez tant de grâce à vous retirer du jeu ! Il faut qu'une main, posée sur votre épaule, vous pousse vers la vie… Cette main tendre et légère… »
Margaret à Brick, La chatte sur un toit brûlant, Tennessee Williams

À vous toutes et à vous tous qui passez ici, de temps en temps, je dis simplement « Bon Noël », parce que c'est ainsi, et que je le veux.
Puisse, longtemps encore, une main « tendre et légère » vous pousser vers la vie !

















Illustration : Le Christ au jardin des Oliviers (détail), par Eugène Delacroix (1827). Cette œuvre se trouve à l'intérieur de l'église Saint-Paul-Saint-Louis, à Paris, dans le Marais.
Trois anges apparaissent à Jésus, qui lui montrent les symboles de sa proche Passion. Le Christ esquisse  de la main un geste de découragement, peut-être d'effroi ; il semble repousser l'idée même du terrible supplice qui l'attend. Comment sa main pourrait-elle alors demeurer « tendre et légère » ?



Extrait de l'oratorio de Jean-Sébastien Bach BWV 248, voici le chœur d'introduction Jauchzet, Frohlocket (Jubilez, Réjouissez-vous !), dans l'une de ses plus récentes versions par le chœur Accentus, dirigé par l'excellente Laurence Equilbey (Église Saint Thomas, Strasbourg, 2009).
On retrouvera Laurence Equilbey ici 

mercredi 30 novembre 2011

Nouvelles de la brume

Deux français, Lucie Galibois et François Grimaud, ont superbement assimilé l’esprit musical de la Roumanie ; ils l’ont marié à des influences serbes et croates, et ils font chanter tout cela sous l’archet d’un violon et dans le souffle d’un accordéon. Je dédie ce morceau à la belle brune Nadia, comme un rappel heureux de ses longues origines roumaines et ashkénazes :



Le cher Jean-Michel Théaux me souffle à l'oreille une autre tonalité de notre Europe centrale tant aimée, un son tzigane modifié yddish, klezmer pour tout dire, joyeux, accompagné, s'il-vous plaît, par Itzhak Perlman en personne :



À quelques autres, je suggère d'entendre ce pur moment de belle humeur, extrait du film Ko To Tamo Peva, film yougoslave (1980) écrit par Dušan Kovačević, mis en scène par Slobodan Šijan.




À toutes celles et à tous ceux qui m’ont fait la grâce de suivre mes petits chemins de contrebande, j'offre cet instant, en compagnie de Volodia (Vladimir) Poliakoff. Il fut la très belle voix de basse de la chanson tzigane. À Paris, il se mêla souvent à la famille Dimitrievitch, et fit les belles nuits des cabarets. Il put compter sur l'amitié de Joseph Kessel, qui ne fut pas avare d’admiration ni de soutien au génie tzigane :



La musique tzigane est désormais délaissée, elle ne paraît plus combler l’attente sentimentale de mes contemporains ; bien sûr, je le déplore, mais je me réjouis de l’excellent travail de mémoire qu’accomplit notre ami RusNasledi, dont vous trouverez l’adresse dans la liste « Gotha » ci-contre.

Je vois bien que quelque chose se trame, un grand « remuement », et que s’annoncent des temps difficiles. Je suis partagé entre la double tentation du neuf et de l’ancien. J’appartiens au signe du verseau. Feue Madame Soleil, qui officiait jadis à Europe 1, et que j’ai bien connue, le regardait comme le parfait signe de l’air. Germaine Soleil était une femme très étonnante, bien supérieure à la pittoresque pythie périphérique, dont la mémoire s’éteint avec les derniers lecteurs de France-Dimanche. Elle me dit un jour, sur le ton de la confidence navrée, que nous quittions progressivement l’ère du verseau, née avec le Christ, expansive, dilatée, voyageuse, avide de science, de découverte, de sensation. Elle fixait le terme de cet accomplissement, progressif, vers l’année 2010.
Je me trouve, bien loin d’ici, dans un pays de brume et d’eau. Depuis quelque temps, je ne cesse de me déplacer, tel un tzigane de luxe. Il y a une sorte d’enchantement des brumes crépusculaires, un envoûtement : elles semblent vouloir nous entraîner après elles, nous envelopper, nous ensorceler de vapeur froide. Je crains la terre sombre, la dure logique de la glaise, qui se tient sous nos pieds, toujours prompte à nous blesser, impatiente de nous ensevelir.
Mon sang mêlé aime les métamorphoses.
Le vent passera sur tout cela, et le dissipera.

dimanche 8 août 2010

Farniente parisien

«Je suis un après-midi d'été, en retrait de la ville et au cœur de Paris. Il y a comme un tendre bourdonnement, quelques éclats joyeux de voix. Ce mois d'août est un enchantement. Le temps hésiterait-il un instant, suspendu à la douceur des choses, avant de basculer dans une sombre période ? Je veux l'ignorer. Je ne suis, après tout, qu'un après-midi du mois d'août, à Paris…»
(Clin d'œil à M. Jo, qui a placé dans son blogue urticant et indispensable, La crevaison !, la chanson de Jacques Brel, Je suis un soir d'été. Et tandis qu'agonise mon appareil photographique…)
Photographies © PM




































































dimanche 1 novembre 2009

Un temps de saison

La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse,
Et qui dort son sommeil sous une humble pelouse,
Nous devrions pourtant lui porter quelques fleurs.
Les morts, les pauvres morts, ont de grandes douleurs,
Et quand octobre souffle, émondeur des vieux arbres,
Son vent mélancolique à l'entour de leurs marbres,
Certes, ils doivent trouver les vivants bien ingrats,
A dormir, comme ils font, chaudement dans leurs draps,
Tandis que, dévorés de noires songeries,
Sans compagnon de lit, sans bonnes causeries,
Vieux squelettes gelés travaillés par le ver,
Ils sentent s'égoutter les neiges de l'hiver
Et le siècle couler, sans qu'amis ni famille
Remplacent les lambeaux qui pendent à leur grille.

Lorsque la bûche siffle et chante, si le soir,
Calme, dans le fauteuil je la voyais s'asseoir,
Si, par une nuit bleue et froide de décembre,
Je la trouvais tapie en un coin de ma chambre,
Grave, et venant du fond de son lit éternel
Couver l'enfant grandi de son oeil maternel,
Que pourrais-je répondre à cette âme pieuse,
Voyant tomber des pleurs de sa paupière creuse?

Charles Baudelaire (1821-1867), La servante au grand cœur, extrait de Les Fleurs du Mal, Tableaux Parisiens.




Un vrai climat de Toussaint ! J'aurais pu placer ici Les feuilles mortes, j'y penserai, d'ailleurs, mais dans une version que je n'ai pas encore trouvée.




Extrait du film La cavalcade des heures (1943)
Metteur en scène : Yvan Noé, scénario du même, d'après une idée originale de Louis A. Pascal
Avec : Simone Antonetti, Pierrette Caillol, Fernand Charpin, Jean Chevrier, Jean Daurand, Fernandel, Jeanne Fusier-Gir, Lucien Gallas, Pierre Juvenet, Jules Ladoumegue, Meg Lemonnier, Gaby Morlay, René Noel, Félix Oudart, Michel Roux, Tramel, Charles Trenet.



Dans ce film, Trénet interprète Que reste-t-il de nos amours ? (Charles Trenet et Léo Chauliac), ainsi que Débit de l'eau, débit de lait (Charles Trenet et Francis Blanche)
À ma connaissance, n'existe qu'en VHS.




Voici la version de Autumn leaves (Les feuilles mortes, musique de Joseph Kosma, paroles de Jacques Prévert. On l'entend dans le film Les portes de la nuit, de Marcel Carné, 1946) que je souhaitais vous présenter : celle de Nat King Cole



Et, en supplément, cette belle «jazzerie» sur le même thème, par Stan Getz