
La femme de l'agriculteur, parisienne, s'ennuie, mais lui ne veut pas quitter sa campagne et ses vaches. Issu d'une grande famille de propriétaires terriens -presque tous les champs alentour leur appartiennent- très mince, la cinquantaine énergique, le regard vif, il est passionné d'Histoire. Mais quand trouve-t-il le temps de lire ? Tous les jours levé à 5 heures et couché vers minuit, hiver comme été !
Il y avait aussi dans le village Le Pélican, un type incroyable, qui promenait son goitre énorme sur sa mobylette, que l'on croisait allant ou revenant du bistrot, plus ou moins rouge selon… Et Guiguitte, le palefrenier, qui vivait dans sa cabane faite de bric et de broc ; il était bien là qu'il disait, avec ses souvenirs de voyages, ceux de sa jeunesse, enfin un, au Mexique, et son rêve d'y retourner, qui allumait au fond de ses yeux une petite lumière, quand il vous en parlait… Je ne sais pas ce qu'ils sont devenus. Voilà un moment que je ne les ai pas revus.
Et il y a les "expatriés", comme moi.. Somme toute assez nombreux par ici, même si le Nord ne me manque pas réellement.

Comme le disait justement le serveur, nostalgique de sa région natale : « C'est bien, ici, mais ce qui nous manque, c'est la mer. ». Pourtant, l'été, parfois, quand le vent fait onduler en vagues d'or le blé mûr sur la colline d'en face, on s'y croirait.
Contre toute attente et avec un peu d'imagination, on peut donc jouir dans l'enclave.
Texte, photographies, choix (judicieux) de la chanson : Corinne



















