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mercredi 2 février 2011

Entre chronique provinciale et mélancolie balnéaire

Des paysages, des silhouettes : voici un coin de France joliment « croqué » par Corinne, notre Belle Bourguignonne.











La femme de l'agriculteur, parisienne, s'ennuie, mais lui ne veut pas quitter sa campagne et ses vaches. Issu d'une grande famille de propriétaires terriens -presque tous les champs alentour leur appartiennent- très mince, la cinquantaine énergique, le regard vif, il est passionné d'Histoire. Mais quand trouve-t-il le temps de lire ? Tous les jours levé à 5 heures et couché vers minuit, hiver comme été !
Il y avait aussi dans le village Le Pélican, un type incroyable, qui promenait son goitre énorme sur sa mobylette, que l'on croisait allant ou revenant du bistrot, plus ou moins rouge selon… Et Guiguitte, le palefrenier, qui vivait dans sa cabane faite de bric et de broc ; il était bien là qu'il disait, avec ses souvenirs de voyages, ceux de sa jeunesse, enfin un, au Mexique, et son rêve d'y retourner, qui allumait au fond de ses yeux une petite lumière, quand il vous en parlait… Je ne sais pas ce qu'ils sont devenus. Voilà un moment que je ne les ai pas revus.
Et il y a les "expatriés", comme moi.. Somme toute assez nombreux par ici, même si le Nord ne me manque pas réellement.








Comme le disait justement le serveur, nostalgique de sa région natale : « C'est bien, ici, mais ce qui nous manque, c'est la mer. ». Pourtant, l'été, parfois, quand le vent fait onduler en vagues d'or le blé mûr sur la colline d'en face, on s'y croirait.
Contre toute attente et avec un peu d'imagination, on peut donc jouir dans l'enclave.

Texte, photographies, choix (judicieux) de la chanson : Corinne


lundi 15 février 2010

Une brune en Italie : Corinne à Ravenne (2)

De retour en France, Corinne nous envoie ces photographies qui ont, pour certaines, un caractère exceptionnel.

Vous trouverez les ombres du culte arien dans la basilique de San Apollinare, le tombeau vide de Galla Placidia, et bien sûr San Vitale la somptueuse.

San Apollinare
J'attire votre attention sur une curiosité : les mains baladeuses (détails sur les colonnes aux rideaux). Les personnages non religieux datant de Théodoric l'Arien ont été effacés par l'évêque Agnello, après la conquête byzantine de Justinien en l'an 540, avec la volonté d'affirmer l'orthodoxie catholique pour n'y laisser que les saints et saintes en ribambelle, et les scènes purement christiques, mais bizarrement, ils n'ont laissé que les mains sur les colonnes... L'ombre subsistant dans la niche du décor témoigne également de cette volonté d'effacement. Théodoric l'Ostrogoth, donc, fut le dernier représentant du culte dit arianisme, culte qui considérait Jésus comme un simple mortel, un prophète, et contestait ses attributs divins miraculeux tout en accordant aux Chrétiens la liberté de pratiquer leurs offices (Arien, du nom du prêtre chrétien théologien Arius, qui n'a rien à voir avec les Aryens). Théodoric dit Le Grand était un monarque intelligent, qui voulait préserver l'unité de son peuple, oecuménique en quelque sorte.
















































































J'ai eu un faible pour Galla Placida : ce petit mausolée de briques rouges est un véritable écrin à bijoux.

Galla Placida































































































San Vitale













































C'est une chance incroyable de pouvoir admirer ces fresques dans leur intégralité, car leur restauration s'est achevée au tout début de cette année. Je vous en offre donc la primeur !

Corinne, texte et photographies (à l'exception clichés extérieur du mausolée de Galla Placida, et portrait de Galla Placida)

dimanche 7 février 2010

Une brune en Italie : Corinne à Ravenne (1)

Corinne est à Ravenne. Elle a déjà pris des photographies et nous les fait partager. Je lui laisse le soin de les commenter, après l'avoir vivement remerciée.

«Fête païenne à Ravenne, le carnaval battait son plein. J'y ai croisé un charmant petit lanceur de confettis, des étals de bonbons multicolores, une gondole et son gondolier dont le bras battait de l'aile. Malgré le son assourdissant des hauts parleurs et Mickaël Jackson déclamant "I'm bad", sa réincarnation se dandinant sur un char comme un beau diable, on pouvait percevoir par vagues les effluves sonores d'un chant grégorien émanant de la basilique toute proche, San Vitale, là où sont immortalisés sous forme de mosaïques les portraits du très orthodoxe empereur Byzantin Justinien et de sa femme Théodora. Puis contraste entre l'agitation extérieure et le calme de l'hôtel pourtant tout proche des festivités, une chapelle fleurie de lys blancs accueille même les voyageurs dans le hall. Ses murs épais étaient autrefois protecteurs de jeunes filles esseulées, j'ai su en effet que ce splendide édifice était un orphelinat pour filles.











samedi 19 décembre 2009

Our kind of town : les brunes comptent pour la Pomme et pour Tous les garçons

Pour saluer les remarquables photographies et la grâce de Corinne, alias Cheveux d'encre, and to wish happy Hanukkah to Tanya Roessler, alia Lady T., ces petites choses qui me plaisent beaucoup et qui, toutes, ont un rapport avec New York.

The Pogues & Kirsty McColl, Fairytale Of New York.



Un nouvel extrait (voir article The fair Lady) du film Breakfast at Tiffany's, de Son Excellence Blake Edwards, avec Audrey Hepburn, George Peppard, Patricia Neal, Mickey Rooney. Scénario de George Axelrod, d'après une nouvelle de Truman Capote («foppish dandy, well known for his distinctive, high-pitched voice and odd vocal mannerisms, his offbeat manner of dress and his fabrications. He often claimed to intimately know people he had in fact never met, such as Greta Garbo.»), le plus grand écrivain américain de la seconde moitié du XXe siècle, à côté de qui Norman Mailer n'existe absolument pas !. Musique : Henry Mancini (paroles de la chanson Moon River, Johnny Mercer) directeur de la photographie (digne d'être rappelé) : Franz F. Planer. Les vêtements que portent Miss Hepburn sont signés Hubert de Givenchy.
Très belle vision de New York chic, au petit matin.



Cette chanson, interprétée par Nancy Sinatra, fille de son père, fut inspirée par la grande grève des transports de 1966, qui contraignit les New-Yorkais à arpenter le macadam, afin de rejoindre leurs lieux de travail.
Nancy Sinatra : This boots are made for walkin' (musique Lee Hazlewood, son mari à l'époque, paroles, Nancy Sinatra).



Cet extrait, également, du film On the town(1949), de Stanley Donen et Gene Kelly, avec Frank Sinatra, Gene Kelly, Jules Munschin, Betty Garrett, Vera-Ellen, Ann Miller… Les chansons pleines de gaieté, signées Betty Comden et Adolph Green, la musique de Leonard Bernstein, le tout inspiré du spectacle-ballet de Jerome Robbins «Fancy Free»), servent la découverte de New York par trois jeunes marins, qui s'enivrent de l'énergie de la Grosse Pomme.



Et encore, cette version, encanaillée, de New York New York, par Cat Power :



Enfin, The Voice, Frank Sinatra :

vendredi 18 décembre 2009

Corinne à New York (2) : les brunes comptent pour la Pomme (contrastes et gratitude)

Elle fut à New York l'an passé. Elle éprouva le charme de cette ville, sans être écrasée par sa puissance. La jolie femme aux cheveux d'encre, son heureux «compagnon de route» et ses enfants ont arpenté les avenues de la reine des Pommes. Elle a consenti à nous livrer quelques-unes de ses «choses vues». Dans son sillage, nous avons d'abord rêvé sur les paysages de cette cité, qui semble ne jamais s'arrêter (voir, ci-dessous, Corinne à New York -1-). Puisque la belle piétonne nous invite à la suivre, demeurons dans son parfum : aujourd'hui, elle est notre guide parmi les œuvres et les artistes.



Des formes généreuses de Botero aux sculptures filiformes de Giacometti, de la Standing Woman de Lachaise aux antiques du Met (the Metropolitan Museum of Art), l'Europe est là. Jusqu'à ce couturier juif, découvert au détour d'une avenue, imperturbable, l'oeil fatigué par le labeur, qui rappelle ce que l'industrie, textile notamment, doit aux Juifs immigrés. Fuyant, comme tant d'autres, leurs pays d'origine et le déchaînement de la sale haine, ils n'ont trouvé alors que les ateliers insalubres et les cadences infernales.
Corinne (texte et photographies)














jeudi 17 décembre 2009

Corinne à New York (1) : les brunes comptent pour la Pomme…

C'était en février 2008. J'avais de forts a priori sur cette ville, comme tout à chacun je suppose, tant elle a été chantée, filmée, jouée. Mais j'ai aimé New-York. Je me suis laissée enveloppée de ses brumes hivernales, happée par les sirènes de ses rutilants camions, semblables à celles des bateaux : on a toujours l'impression d'un départ imminent, on se laisse étourdir par l'incessante course des habitants de cette métropole insomniaque, souvent maussades, toujours pressés. Il faut surtout y marcher ; ce que je fis pendant des heures. Passés les premiers vertiges de ses hauteurs, elle nous apprivoise. Ses tours semblent être autant de dieux et de déesses protecteurs, qui nous observent d’un air aimable.
Rien d'oppressant dans cette ville, au contraire, il y a comme une légèreté, un discret parfum d'Occident.
Avant mon départ, je me rappelle avoir lu ces quelques vers de William Carlos Williams, que son grand ami Charles Demuth avait illustrés d'une toile, J'ai vu le chiffre 5 en or, inspirée du poème Le Grand Chiffre. Ce Grand Chiffre et cette peinture m'ont accompagnés durant mon séjour : ils lui allaient si bien, à New York !
«Dans la pluie et les lumières j'ai vu le chiffre cinq en or sur un camion de pompiers rouge qui filait tout droit, sans prendre garde au bruit de la cloche, aux hurlements de la sirène, aux crissements des pneus, à travers la ville plongée dans la nuit».
J'y retourne en avril. Je vous fournirai alors des détails plus précis, et qui sait, quelques bonnes adresses, (notamment un petit restaurant italien, situé non loin du Muséum d'Histoire naturelle..). Mon voyage, l'année dernière, était assez court, et il ne me reste que ces quelques impressions.

























































Que pouvaient bien fêter ces porte-drapeaux derrière les barricades ? J’avais cru reconnaître le drapeau albanais, mais quel événement avait bien pu les rendre si démonstratifs et joyeux ? Car ils l'étaient ! La signature prochaine (Juillet 2008) du Protocole au traité de l'Atlantique nord sur l'accession de la République d'Albanie ?





(Texte et photographies : Corinne)