Céleste Albaret :
Proust 3
Puis Paul Morand :
Proust 4
Ce portrait-souvenir de Roger Stéphane, patient travail d'un homme qui aimait admirer et ne craignait pas de témoigner sa reconnaissance, fut rediffusé par Arte, voici quelques années. Il me semble qu'on ne trouve plus ce document dans le commerce.
La conversation de Roger Stéphane était un enchantement d'intelligence et de sentiment ; co-fondateur, avec Gilles Martinet et Claude Bourdet, de L'Observateur, point encore Nouvel Obs, dont il s'était rapidement éloigné, gaulliste très indépendant, il avait connu tout le monde et ne parlait avec plaisir que de ceux qu'il aimait ou respectait. Engagé dans la Résistance, il prit d'assaut l'Hôtel de Ville de Paris, en août 1944. Homosexuel tranquille, il connut le grand amour dans la personne d'un jeune normalien, Jean-Jacques Rinieri, qui devait décéder des suites d'un accident d'automobile. Il a rapporté, dans un récit troublant, l'inguérissable et universel chagrin que nous fait éprouver la disparition d'un être qui nous était indispensable et demeurera irremplaçable (Parce que c'était lui). On lira avec grand plaisir ses mémoires, «Tout est bien», publiées par Daniel Rondeau au Quai Voltaire (1984 ; difficile à trouver, hélas !). Se sachant malade, il se suicida, dans son modeste appartement parisien du VIIe arrondissement, en 1994. Sa Céleste à lui, une femme remarquable, se chargea de placer son chien Olaf dans une bonne maison.
Documents : Roger Stéphane (droits réservés)
Portrait de l'aventurier : Thomas Edward Lawrence, André Malraux, Ernst Von Salomon, préface de Jean-Paul Sartre. Coll. Les cahiers rouges, Grasset. «
«Parce que c'était lui» , éd. de poche, H&O éditeur, 4.66 euros par le site alapage.com, livraison gratuite)