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mercredi 4 mai 2016

Un blues qui se perd dans la nuit des vents

En d'autres temps, dans ce blogue (voir en bas les références), j'ai fait part de ma très ancienne inclination pour la musique et pour le chant des Tziganes. J'aime leurs sons déchirants, leurs plaintes affolées, leurs chagrins lancinants qu'un verre de vin ou une caresse font oublier. Hier, j'ai trouvé le commentaire d'une inconnue (je suppose qu'il s'agit d'une femme, puisque son intervention est signée Tamara (enfant, déjà, j'aimais les inconnues et les étrangères), destiné à l'un des articles, déjà anciens, que j'ai consacrés à quelques-uns des grands artistes de ce peuple  ici …Tamara me dit préférer Sonia Dimitrievitch et Maroussia à ma très vénérée Valia Dimitrievich et à son frère Aliocha (https://www.youtube.com/watch?v=2I1L-2oFQd0, le code d'intégration ne fonctionne pas). J'observe que le concert a été déposé là par RusNasledie (http://rusnasledie.blogspot.fr/). RusNasledie est un garçon éminemment sympathique, qui se voue à l'illustration et à la défense de la chanson tzigane. Donc, j'entends, sur les conseils de Tamara, la belle Sonia, accompagnée par Yoska Nemeth, maître des violons
L'enchantement est immédiat : je me transporte à Budapest, dans un restaurant très excentré que je connais, et qu'on atteint après avoir traversé un territoire assez grand bâti d'immeubles de type soviétique, plantés sur une sorte de terrain mouvementé. Quand vient le soir, les hommes se retrouvent autour de feux de cageots, au pied des immeubles. Ils sont tziganes. Ils parlent en silence, vous observent à la dérobée, sans vous accorder plus d'attention que cela
J'entends et J'aime Sonia, je remercie Tamara, mais je place toujours au-dessus de toutes et de chacun Valia Dimitrievitch. Elle est la voix (la voie) du voyage imaginé, du vent sur la plaine : une voix de plaisir et d'orgueil, une voix de muqueuse…
Présentée par RusNasledie : 

Sur la musique tzigane, vous lirez, si le cœur et le corps vous en disent  Valia, la voix des humeurs du vent  Aliocha, Yashband, Goga   Pour Corinne       Sortez vos mouchoirs !      Ferveur et marquisat      J'aimais déjà les étrangères…     Nouvelles de la brume
 

lundi 13 juin 2011

Merci Rusnasledi !

Sur l'excellent blogue de RusNasledie (l'un des premiers référencés chez nous ; voir, ci-contre, Gotha ou Les très fréquentables), cette version, fort belle, de Deux guitares, par Lida Goulesco :

http://youtu.be/vkGuW7faMMI

Lida Goulesco appartient à la légende de la chanson tzigane. Elle connut une certaine popularité, à Paris, qui fut naguère la ville préférée des artistes tziganes désireux de sortir du folklore. Elle mêlait une sobre élégance à la gouaille de la plaine et du vent. RusNasledie connaît son affaire, et traite de ce genre musical avec autant de soin que de ferveur. Je lui fais donc toute confiance, même si je ne reconnais pas tout à fait ici la voix de la Goulesco.

vendredi 17 juillet 2009

Sortez vos mouchoirs !

L'HOMME AUX DEUX GUITARES DE MÉLANCOLIE Voici une chanson, très connue, issue de la tradition tzigane. Elle est interprétée par Aliocha Dimitrievitch et Yul Brynner. En compagnie de sa sœur, Valia, et de quelques membres de leur famille, ils constituèrent les plus brillants représentants de la chanson tzigane. C'est-à-dire qu'ils la sortirent du folklore pour lui donner une sauvagerie et un charme spectaculaires. Aliocha, avec sa voix de rocaille et de vodka mêlées, Valia, avec son souffle de toundra et ses plaintes d'amoureuse affolée, fracassèrent les rythmes et les sons. En France, ils furent «lancés» par Joseph Kessel. Ils chantèrent à l'Olympia et dans tous les cabarets. Je possédais leur premier 33 tours ; l'ayant égaré, je retrouvai les mêmes chansons sous la forme d'un cd. Je l'égarai aussi. Il n'était plus édité. Je songeai à m'exiler ou à me pendre, lorsque je poussai la porte de la librairie russe Le globe, 7, boulevard Beaumarchais, à Paris IIIe. Ils me proposèrent seulement de laisser mon nom et mes coordonnées téléphoniques. Deux mois plus tard, alors que je contemplais le canon du revolver qui allait mettre fin à mon désespoir, je reçus un appel : «Nous avons trouvé votre cd, il vous attend à la librairie.». Ce que je découvris dépassait mes espérances : un magnifique objet d'origine russe, contenant toutes les chansons que je connaissais, mais encore de rares enregistrements de cabarets et de la période argentine (merveilleuse combinaison tzigano-argentine, de chagrin des plaines et de mélancolie brutale). J'ai repris goût à la vie. Voici donc, à votre attention, par Aliocha Dimitrievitch et le grand Yul Brynner, Les deux guitares. Yul, plein d'admiration pour le jeu d'Aliocha, est très loin de l'égaler, mais sa belle voix grave est un beau contrepoint au roulement de cailloux tendres d'Aliocha. Plus tard, je vous parlerai de l'amitié profonde qui l'unissait à l'acteur Yul Brynner, lui même originaire de Vladivostok, francophile convaincu, tzigane de cœur. Allez sur youtub, tapez Yul Brynner sing «Two guitars» (désolé, mais je suis dans l'impossibilité de placer un lien, ni même de vous copier mon propre fichier mp4 de la chanson, tout cela m'est refusé. J'examine les moyens technologiques de contourner ces difficultés). La chanson dit : Dis-moi quelque chose, Ma Guitare à sept cordes, J'ai l'âme pleine d’un vaste cafard, La nuit est de si grande lune, Tout là-bas, brûle une étoile, Elle brille si vivement, Tout là-bas, brûle une étoile… […] O, encore, encore et encore, tant de fois ! O, encore, encore et encore, tant de fois ! O, encore, encore et encore, tant de fois ! […] O, murmure à mon oreille, achève, Cette chanson que tu ne terminas pas. Deux guitares résonnèrent, Chantèrent, firent entendre leurs plaintes. Cette mélodie vient du fond de mon enfance, Mon amie très ancienne , est-ce donc toi ? O, encore, encore et encore, tant de fois ! O, encore, encore et encore, tant de fois ! O, encore, encore et encore, tant de fois !