Je ne dégage plus, semble-t-il, cette odeur de sapin que nul parfum ne parvenait à effacer. Pour fêter ça, je vous propose ces quelques merveilles, glanées ici et là.
Pour commencer, Bobby Troup, que vous ne connaissez peut-être pas. Le voici dans une interprétation de sa propre chanson, un véritable standard, repris par les Rolling Stones eux-mêmes : «Get your kiks on Route 66». Il s'agit d'un hommage à la mère de toutes les routes américaines, la fameuse 66. Voyez cette impeccable mise en scène d'une chanson, ce dénuement graphique bien propre à mettre en valeur les sons et les hommes.
La seconde (donc dernière) femme de Bobby Troup se nommait Julie London, un long rêve blond inaccessible, qui chantait ceci :
Enfin, pour la beauté de l'ensemble, qui évoque l'esthétique de Tamara de Lempicka, mon cher Nat King Cole, la séduction même, dans sa version de «Get your kiks on Route 66»
Et encore ceci, que je croyais inaccessible. On ne trouve plus cette interprétation de Ray «black eyes» Charles dans le commerce. Attention, c'est lacrymal ! D'aucuns, puristes, crieront au saccage sirupeux. Je les laisserai crier.
Je ressens une exécration presque sacrée à l'endroit de ceux qui désignent les Noirs sous l'abominable qualificatif de «congoïde», et je leur redis que je n'accepterai jamais leur présence chez causeur. La musique contemporaine est sortie des chaudrons de Claude Debussy, des filtres de Igor Stravinsky et des fioles des blue's men.