– Tu viens souvent, tu tournes autour de moi, tu me dévores des yeux.
– Je vous admire, je vous vénère, pardonnez-moi ! Si cela vous importune, je viendrai moins souvent.
– Au contraire, mon ami, tes visites ne me laissent pas indifférente. j'ai l'habitude des hommages, des photographies, des attroupements, mais toi, c'est différent. Quand tu me regardes, tu as l'air ému, je veux dire, sensuellement ému.
– Je ne peux nier que votre plastique me trouble et…
– Ah, ah, ah ! Ma plastique te touche ! Ah, ah, ah ! Touche-là donc, ma plastique !
– Que voulez-vous dire ?
– Je veux dire : caresse-moi ! Sors ta main de ton gant, promène-la sur mes fesses. Dépêche-toi, les gardiens se sont éloignés !
Je fis ce qu'elle m'ordonnait :


Elle me fit compliment de ma main, qu'elle jugea douce et chaude, et assez large pour couvrir une belle surface de sa «matière» glacée.
– Je sens ta chaleur, elle irradie. Viens te poser sur mes seins. Hâte-toi, les premiers touristes seront bientôt là, et les gardes se rapprochent.
Je m'exécutai sans protester :
Je ne sais combien de temps je suis resté en équilibre précaire, sur le socle de la fille Lachaise, à la caresser langoureusement, avec une application assez amoureuse pour que j'en vienne à fermer les yeux. Je me souviens simplement qu'elle me dit à voix très basse.
– On vient ! Descends, tu reviendras demain. Promets que tu reviendras !
– Juré.
– Avant de t'éloigner, donne-moi une dernière caresse.
– Tout ce que vous voudrez !
Et voici :
Photographies © PM





