samedi 18 avril 2020

Out of the blue




















René Lelong, Le Baiser“, illustration pour le livre Celeste Prudhomat mœurs de province, de Gustave Guiches,  1905, Fayard éditeur.

Plus tard, bien plus tard, un adolescent, un jeune homme au buste encore maigre et aux hanches étroites, souple comme un chat, les yeux dissimulés derrière une longue mèche de cheveux bruns, survivant de la civilisation post-moderne effondrée, fuyant les hordes de mégères contrefaites lancées à ses trousses par le clone de Caroline de Haas, refusant l'Ordre mêlé de niaiseries et de dénonciations imposé par le couple Garrido-Corbière, trouvera dans les décombres Récit secret, de Pierre Drieu la Rochelle, et cette vidéo. Alors, il saura qu'une fantaisie adorable, très semblable à la sienne, l'attend quelque part. Réunis, confinés, dissimulés aux yeux du monde abject, ces deux êtres effarés imagineront naturellement les figures du désir, que les amants, avant eux, auront dérobé à la peur et au temps.

https://www.youtube.com/watch?v=gXq3v20_ej0
  

Pour Christophe, voyez :

Tilt     Sulpicien     Vous passerez sans me voir

Sur Drieu : 

La belle argentine et l'homme perdu       L'homme égaré     Retrouvailles        Le choix d'un frèr     Et l'argent de mes cheveux…    Bruissement    L'amour aux enchères

mercredi 1 avril 2020

Chanson vitale





















Victor Lecomte (1856-1920) : Malade sur son lit, vers 1911
Récemment vendue à Drouot par l'étude Kâ-Mondo (le nom nous rappelle celui d'un collectionneur parisien fameux, dont l'hôtel particulier, qui donne sur le parc Monceau, contient des trésors : le musée Nissim de Camondo), cette œuvre délicate, subtilement éclairée, estimée entre 5 et 10 Euros -une misère !- a été adjugée à 100 Euros.

La chair pâle de cette jeune femme, le désordre de son vêtement qui découvre les formes pleines de son corps, lequel paraît animé par une onde de volupté, sa tête rejetée en arrière, et jusqu'à la plainte qu'elle semble exhaler, tout cela pourrait fort bien exprimer l'abandon au plaisir solitaire. Or, il s'agit d'un lit de souffrance…
Ce qui ne nous tuera pas, nous rendra-t-il moins fort ?

https://www.youtube.com/watch?v=WBzCTiqUHUQ

Sur ce sujet, voir :     Histoire sans parole     Chanson virale

samedi 28 mars 2020

Chanson virale
















Gravure : Alfred Rethel, peintre et dessinateur allemand (1816-1659). Baudelaire possédait un tirage de cette gravure

Ce matin, entendu cette chanson que j'avais complètement oubliée. Elle fut écrite sans doute 1890 et 1900. C'était avant-hier, c'est aujourd'hui, c'est demain…

https://www.youtube.com/watch?v=vIuXYI6oOzQ









vendredi 14 février 2020

Par la voix, par les doigts

Entendu ce matin, interprété au violon, Salut d'amour du compositeur Edward Elgar. C'est d'une simplicité que seul un grand artiste peut se permettre. Il lui faut, en effet, dans la confusion du monde apparemment réel, consentir à entendre cette simple, imperceptible confidence, et produire cet air du sensuel attachement.
Au violon, Geneviève Laurenceau, au piano Jérôme Ducros :


 
Je l'ai trouvé par l'immense Aldo Ciccolini au piano : il ne pèse pas sur les touches, il les frôle, il paraît seulement les solliciter de la pulpe des doigts, de leurs ridules digitales.
 


Mirella Freni, soprano italienne, vient de mourir. Moins connue que les stars de l'opéra italien, elle fut l'une des plus parfaites. La voici dans un extrait (final) de Manon en compagnie de Pavarotti : ils étaient jeunes …



… Et dans ce moment de La Bohème, de Giacomo Puccini. Là encore, c'est offert sans effort apparent, sans excès, sans zèle de scène et sans volonté de démonstration : suave Mimi



Pour le reste, que nous faudra-t-il avouer, à la fin ? Eh bien, que nous avons vécu !

On retrouvera Aldo Ciccolini   ICI    ET ICI AUSSI 



vendredi 31 janvier 2020

Effet placebo

 Placebo. J'ai toujours aimé leur présence un peu arrogante très upper class, mêlée de nervosité en maillot de corps working class, rehaussée d'effluves romantiques noires. Du style gothique de gargouille boudeuse sexuellement disponible. Ces jeunes princes soufrés me plaisaient. Brian Molko, le chanteur, personnage incandescent, très lucide, sensuel, incarne parfaitement cet ensemble au son brillant.
Je crois que c'est en 1983 ou 84, que Nick Kershaw avait écrit Wouldn't it be good, avec un immense succès, mérité (excellente vidéo) :



Mais je préfère la version qu'en donna, ultérieurement, Placebo :


dimanche 26 janvier 2020

Mes (a)vœux la suite et la fin

Voici mon ultime livraison de la chanson What are you doing the rest of your life, qui accompagne mes vœux pour l'année nouvelle. C'est un choix, c'est le mien.
Faites le meilleur usage du reste de votre vie.

  Hayati Kafe, né à Istanbul : remarquable accompagnement très jazz, ambiance cabaret, une voix de crooner sans effet appuyé, le piano lui va bien :



Bien fait, et jazzy comme il convient :



Bill Evans, maître du piano, Miles Davis l'admirait :



Tony Bennet, un crooner de beau style, avec un voile « italien » dans la gorge :



L'accompagnement est daté, mais l'interprétation est réussie, la mise en scène malicieuse…