Toutes ces photographies ont été prises aux tuileries, vendredi dernier.
1, 2, 3) Hercule Farnèse, marbre, 1670-1672, par Giovanni Comino (?-1708) ; placé au jardin des Tuileries en 1797.
Le corps de ce colosse ne doit rien aux procédés en usage chez les pratiquants de la «gonflette». On ressent dans sa proximité une impression de force sans égale dans le monde des hommes ; en même temps, il paraît un peu las, empreint de la sérénité des demi-dieux, qui savent qu'ils vont mourir. Ce qu'il dissimule dans son dos, au-dessus de son fessier puissant, au creux de sa main, ressemble fortement à une partie de sa virilité, laquelle n'apparaît nullement lorsqu'on le regarde de face…
4) Thésée combattant le minotaure, marbre,1821-&8é7, par Étienne-Jules Ramey (1796-1852) ; placé au jardin des Tuileries en 1832. Encore un magnifique athlète, dont les traits sont à peine altérés par la violence et la colère : il frappe avec application, sans pitié. C'est qu'il est fort, Thésée, moins qu'Héraklès cependant, mais plein de ruse. Il tire de son intelligence des ressources qui le sauvent de tous les mauvais pas. C'est ainsi qu'il tuera l'horrible Minotaure, créature du Labyrinthe imaginé par l'architecte Dédale, et prédateur des plus beaux jeunes gens d'Athènes…
5, 6) Le serment de Spartacus, marbre, 1868-1871, par Louis-Ernest Barrias (1841-1905) ; placé au jardin des Tuileries en 1875. La cause est entendue : le visage de ce jeune garçon est d'une beauté fatale. Et tout son corps gracile, flexible et ferme, ne veut que l'admiration. Cet èphèbe ne saurait laisser indifférent ni les amis de la liberté, ni les mères de familles, ni André Gide. Il nous évoque un Tadzu viscontien, en plus résolu…
7, 8) Caïn venant de tuer son frère Abel, marbre, 1896, par Henri Vidal (1864-1918) ; placé au jardin des Tuileries en 1982. C'est trop tard ! Où qu'il aille désormais, l'assassin sera suivi par son remords, comme dévoré par lui. Il n'est nul lieu connu ou imaginaire où Caïn puisse échapper à l'œil de son frère !
9) Especialy for Lady T. : Those words were really engraved by an unknown on the snow, in Tuileries garden. Tous les garçons dedicates them to you !
Photographies : PM





