Combien d'ombres, postées devant le vestiaire, nous tendront la veste, le gilet, le manteau en cachemire, la paire de bottines à boutons en cuir noir luisant, que nous portions de préférence pour tenir tête aux injures de l'âge ? Que choisir dans la garde-robe ultime, le dressing de la dernière et vaine coquetterie ? Qui murmurera, comme un avertissement perfide : « Cela ne te va pas du tout », et encore « Quand cesseras-tu de voir ton reflet dans un miroir amnésique ? Le passé de ton apparence est sans avenir. Tu as cessé de plaire, à quoi bon vouloir paraître ? Ce que tu revêts ne te transformera pas en ce que tu rêves d'être et ne t'épargnera ni le chagrin d'être, ni la contrariété de paraître.»
Pour l'apparence, comment donner tort à la voix perfide qui nous observe sans aménité ? Mais pour la mémoire sentimentale, pour le dépôt d'amour déposé dans le souvenir intime ? Mina, qui vient d'enregistrer cette magnifique version de Vento di Passione, chanson de Pino Daniele, nous souffle la meilleure des réponses. Entendez cette voix d'Italie, son timbre heureusement affecté par le léger gravier de gorge péninsulaire, son blues apaisé.
2 commentaires:
Bella canzone. Et le visage de cet homme empli de mâle élégance... C'est tout à fait ainsi que je vous imagine, cher Patrick.
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Non, chère amie Célestine, il ne me ressemble pas plus que je ne lui ressemble. Mon visage est plus long, et l'âge l'allonge encore. Mais , en effet, la chanson est superbe, déjà ancienne, et très heureusement orchestrée ici, avec un bel effet jazzy. Et cette voix d'Italie, joliment altérée par l'âge de Mina, qui tient cependant fort bien la distance et gagne en intensité. Quant au « vent de la passion », vous en connaissez le souffle et vous n'en craignez pas les effets…
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