Pour la petite bande de garçons que nous formions, dans les années soixante, Olivier Despax apparut comme un modèle insurpassable, dans le genre « mod » (dont l'opposé était le genre « rocker »). Il était beau, d'une régularité dans les traits, et d'une douceur dans la physionomie qui nous épataient. Les filles, autour de nous, embrassaient ses photographies. Et puis, Bardot en disait le plus grand bien ; enfin, il avait interprété cette chanson en duo avec BB. Il était élégant, aimé des hommes et des femmes, « traînant tous les cœurs après lui ». Despax, excellent guitariste de jazz, est mort prématurément. Je ne sais ce qu'il serait advenu de lui. Aurait-il conservé la fraîcheur qu'il montre ici ? Delon, nous l'avons vu, n'a pas été physiquement accablé par l'épreuve du temps. Il arrive que la vieillesse épargne la beauté. Elle produit tant de ravages par ailleurs ! Où sont mes lourdes mèches brunes, qui venaient barrer mon regard ? Que n'ai-je gardé mes joues si lisses et fines, en lieu et place de cette peau épaissie, creusée de rides et de ravines ! Je ne fus pas Despax, je serai Quasimodo !
Entendez cette ritournelle, voyez ces deux jeunes gens, que la vie a séparé du lot commun des mortels, et ne haussez pas les épaules pour vous moquer de tant de niaiserie. Ces deux-là incarnent un moment de grâce.
dimanche 29 janvier 2012
mercredi 25 janvier 2012
De l'un au même
C'est une chanson un peu triste, l'évocation d'un amour fort, puis rompu, d'un lien qui s'est dénoué. Elle semble s'adresser à cet homme qu'elle aima si parfaitement,
qu'elle le cherche encore chez d'autres que lui.
« Sometimes it lasts in love,
But sometimes it hurts instead, yeah »
Cette remarque me paraît juste.
En supplément, Adèle vous entraîne dans les paysages qui me sont familiers, sur la rive droite ; elle s'engage sur le pont Alexandre III, mais s'arrête avant d'avoir rejoint la rive gauche.
Rive droite, rive gauche, ainsi bat mon cœur de Parigot.
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Les sentiments nous mènent une vie d'enfer
samedi 21 janvier 2012
Sans rémission
Ma vie de nomade m'avait épargné ce chagrin : je viens d'apprendre la mort d'Alain Leprest. Je le savais, comme tout le monde, sérieusement malade, mais il connaissait une belle rémission. Il s'est suicidé en août dernier. Il avait 57 ans.
Entendez ce qui suit, c'est la vie simple et déchirante.
Entendez ce qui suit, c'est la vie simple et déchirante.
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Un peuple qui chante toujours
jeudi 19 janvier 2012
Beverly «A little Blue» Kenney
Si vous ne la connaissez pas, je suis heureux de vous permettre de découvrir cette jeune femme, née avec une forte proportion de «bleu» (blue) dans le sang, ou, plutôt, dans l'âme. Elle chantait de cette voix un peu acide, qui nous invitait à partager sa « soulitude ». Je ne parvenais pas à retrouver sa trace, le hasard m'a servi. Je l'écoutais, autrefois, avec ravissement : de ce point de vue, je n'ai pas changé !
Beverly, américaine née en 1932, s'est suicidée en 1960. À cette époque, je ne pensais pas au suicide, et je déplore que l'idée de se supprimer lui soit venue. Elle n'aimait pas le rock and roll.
Si vous allez à l'adresse http://www.thebluegrassspecial.com/archive/2011/april2011/beverly-kenney-april-2011.html, vous trouverez une foultitude de détails sur l'art, la manière et le reste de Beverly Kenney.
Beverly, américaine née en 1932, s'est suicidée en 1960. À cette époque, je ne pensais pas au suicide, et je déplore que l'idée de se supprimer lui soit venue. Elle n'aimait pas le rock and roll.
Si vous allez à l'adresse http://www.thebluegrassspecial.com/archive/2011/april2011/beverly-kenney-april-2011.html, vous trouverez une foultitude de détails sur l'art, la manière et le reste de Beverly Kenney.
Pour saluer Maryse
Maryse vient de nous rejoindre. Elle tient un blogue très singulier, où elle rapporte des faits quotidiens, des impressions « de société », des souvenirs, sur un ton vif, mais sans acrimonie. J'ai compris qu'elle venait de l'autre méditerranée, celle qui fait le teint hâlé, les dents blanches, et les « Pieds noirs ». Il me paraît que c'est une femme de caractère. Je la remercie et je l'accueille avec grand plaisir.
À son intention, avec mes vœux, ce bijou de l'ami Franz (Schubert), joué par Alfred Brendel.
Alfred Brendel - Schubert - Impromptu par Quarouble
À son intention, avec mes vœux, ce bijou de l'ami Franz (Schubert), joué par Alfred Brendel.
Alfred Brendel - Schubert - Impromptu par Quarouble
mercredi 18 janvier 2012
Le livre Sterling
Chez Causeur, un article remarquable sur la Serbie, sur la honteuse attitude des européens, allemands en tête, à l'égard de ce pays, qui fut notre fidèle et courageux allié pendant la Seconde guerre mondiale. L'Europe d'aujourd'hui ne mérite pas l'admiration que je lui porte, surtout en raison de son prestigieux passé. J'enrage au spectacle toujours recommencé des imbéciles et des arrogants, qui refont le procès des Serbes. Un jour, peut-être, je vous parlerai de mon attachement à la Serbie, et des racines de cet attachement.
En attendant, je vous recommande la lecture de Wanderer, le livre autobiographique de l'acteur Sterling Hayden (Johnny Guitar, de Nicholas Ray, The Asphalt Jungle, de John Huston). Il y rapporte son engagement dans les rangs des partisans de Tito, en Serbie, pendant la guerre.
C'est très bien écrit, et passionnant de bout en bout. Peut-être avez-vous vu l'entretien qu'il accorda à Philippe Garnier pour le magazine Cinéma-Cinémas, que diffusait Antenne 2 ( un crétin en majesté a supprimé cette merveille, un beau jour !). Hayden se remémorait, avec courage, sans rien dissimuler, son attitude, qu'il regrettait sincèrement, devant la Commission des activités anti-américaines : il y avait dénoncé ses anciens « camarades » du parti communiste américain.
Je pleure le rejet de la Serbie par l'Europe stupide, je pleure la mort de Sterling Hayden, je pleure la disparition de Cinéma-Cinémas. Je me console avec un verre de champagne, que je lève en votre honneur !
En attendant, je vous recommande la lecture de Wanderer, le livre autobiographique de l'acteur Sterling Hayden (Johnny Guitar, de Nicholas Ray, The Asphalt Jungle, de John Huston). Il y rapporte son engagement dans les rangs des partisans de Tito, en Serbie, pendant la guerre.
C'est très bien écrit, et passionnant de bout en bout. Peut-être avez-vous vu l'entretien qu'il accorda à Philippe Garnier pour le magazine Cinéma-Cinémas, que diffusait Antenne 2 ( un crétin en majesté a supprimé cette merveille, un beau jour !). Hayden se remémorait, avec courage, sans rien dissimuler, son attitude, qu'il regrettait sincèrement, devant la Commission des activités anti-américaines : il y avait dénoncé ses anciens « camarades » du parti communiste américain.
Je pleure le rejet de la Serbie par l'Europe stupide, je pleure la mort de Sterling Hayden, je pleure la disparition de Cinéma-Cinémas. Je me console avec un verre de champagne, que je lève en votre honneur !
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Des hommes fréquentables
Un air ni gai ni entraînant
Il n'est en rien original de dire que Kathleen Ferrier fut la plus émouvante contralto du XXe siècle. Sa voix n'a pas d'équivalent, ne ressemble à aucune autre ; elle est identifiable immédiatement. Le chef d'orchestre Bruno Walter l'aimait beaucoup et l'accompagna parfois au piano (elle-même jouait remarquablement de cet instrument). Mais c'est surtout dans les œuvres de Gustav Malher - que Walter avait connu, soutenu, admiré -, que leur collaboration fut éblouissante. Lui au pupitre, elle au chant, ils donnèrent une interprétation de « Das Lied von der Erde », et de « Kindertotenlieder », qui arracherait des larmes à un psychopathe, pour peu que celui-ci consente à compenser sa dangereuse et totale absence de surmoi par un brin de mélancolie.
La voici dans un lied de notre vénéré Franz Schubert, sur un poème de Friedrich Rückert « Du bist die Ruh' ».
« Tu est la paix,
Tu es le repos,
Tu es langueur,
Et ce qui l'efface… »
Je sais, ce n'est pas gai, ni entraînant, mais ce soir, tel est mon état d'esprit !
La voici dans un lied de notre vénéré Franz Schubert, sur un poème de Friedrich Rückert « Du bist die Ruh' ».
« Tu est la paix,
Tu es le repos,
Tu es langueur,
Et ce qui l'efface… »
Je sais, ce n'est pas gai, ni entraînant, mais ce soir, tel est mon état d'esprit !
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Encore un peu d'amour
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