lundi 31 janvier 2011

Slave qui peut !




Tom Douce
Ce petit film, sur un air de Tom Waits, a été réalisé par un certain Mikhail Segal, étudiant à l'école de cinématographe de Moscou, en 1996. Je lui trouve un charme fou. Avec cette vidéo, il y avait une adresse, que voici : www.msegal.ru
(On retrouvera Tom Waits auprès de Bette Midler en cliquant dans le titre Tom Douce, colonne des libellés, ci-contre. Impossible d'établir un lien !)

mercredi 26 janvier 2011

Je suis rahelien !

Samedi soir, tard, après avoir partagé un Beaune 1er Cru 2005, Cuvée Dames Hospitalieres, Hospices de Beaune, je me suis isolé pour visionner une émission, diffusée par Arte voici plusieurs mois. J'ai éprouvé la joie de retrouver un esprit exceptionnel, à la fois mondain, simple, émerveillé, cherchant le beau et le vrai, et encore le neuf avéré ; et la honte d'avoir négligé son existence, ou, tout au moins son importance. Bref, j'ai pris conscience que je ne savais presque plus rien de Rahel Varnhagen von Ense, née Levin. Elle paraît incarner la plupart des qualités d'un esprit des plus vifs de son temps : elle reçoit dans son salon les auteurs connus et inconnus, elle se sent partagée entre ses racines (juives pour ce qui la concerne) et son désir d'affranchissement, elle butine et mutine, elle manifeste en tout une vraie joie mêlée d'interrogation, elle est déçue, elle s'obstine, se décourage, se relève. Elle vient à Paris, y séjourne plus d'une année, après la Révolution, et se demande comment elle a pu vivre si longtemps loin de cette admirable ville. Elle est allemande, et prussienne, et encore européenne, et française. Elle admire Napoléon, puis se désole lorsque l'empereur envahit son cher pays. Elle se livre au jeu de l'amour et de la sensualité, ne s'offusque d'aucune liberté de mœurs, ne récrimine jamais, ne «milite» pas : elle va son chemin, guidée par sa bienveillance, son intelligence et la sûreté de ses goûts.
Je découvre, dans l'introduction aux « Lettres » de l'excellent marquis Astolphe de Custine à Varnhagen d'Ense et Rael Varnhagen d'Ense, parues en 1870, ce que dit Roger Pierrot de cette créature très fréquentable : « Le salon de Rahel Levin, dans son hôtel de la Jägerstrasse […] attira de 1801 à 1806, l'élite intellectuelle berlinoise et les étrangers de passage. Évoquant […] ces années, Friedrich Gentz écrivait à Rahel qu'elle avait été "le romantisme en personne”. »
On rencontrait chez elle les frères Schlegel, le comte de Salm, le prince de Ligne et même le prince Ludwig Ferdinand de Prusse, son ami très proche. Rahel épouse Varnhagen von Ense en 1814. « Elle se convertit au luthérianisme à la fois pour ne pas nuire aux espoirs de carrière diplomatique de son mari et par attirance pour un certain christianisme mystique teinté de théosophie. Elle ne renia toutefois pas ses origines, gardant une sorte de tendresse pour le judaïsme de ses parents. ».
Elle fait la connaissance de Delphine de Custine (qui connut d'un peu près Chateaubriand, cet « épicurien à l'imagination catholique » selon Sainte-Beuve) et de son fils, Astolphe, en 1816. Leur amitié profonde, leurs curiosités respectives les entraîneront à s'écrire plus de trois cents lettres. Installée alors à Karlsruhe, elle retourne à Berlin en 1819, où elle anime un nouveau salon. Elle reçoit Alexandre de Humboldt, Heinrich Heine, Bettina von Arnim… Chez elle se forme l'esprit de la Jeune Allemagne, très inspiré par les idées légères, vives, piquantes de Paris, au contraire de Berlin, alors étouffé par « la lourde atmosphère de réaction politique et religieuse ».

Il est à noter que Custine lui-même se trouvait en état de rupture avec tous les codes de son milieu social, de la morale dominante, à une époque où ces notions voulaient dire quelque chose. Custine était homosexuel, torturé par son penchant, assailli par le remords… On ne s'étonnera donc pas de sa réelle admiration pour Rahel. Il lui consacre un précoce et bel hommage dans La Revue de Paris, en 1837. Rahel, la belle européenne, est décédée en 1834.

Voilà pourquoi je me sens rahelien.





Document : portrait de Rahel Levin Varnhagen, par William Hensel (1822), cliché de Jörg P. Anders; Institution: bpk / Kupferstichkabinett, Staatliche Museen zu Berlin.

samedi 22 janvier 2011

Pas de côté

















Dans les derniers mois de l'année 1992, Rudolf Noureev fit de rares apparitions publiques. Son visage émacié, son regard fiévreux, ses yeux écarquillés qui ne clignaient pas, son pas mal assuré, tout témoignait des progrès de la maladie qui le rongeait. Pourtant, il entreprit de mettre en scène La Bayadère, ballet en trois actes, dont Marius Petipa, français de Marseille, avait réglé la chorégraphie, un siècle plus tôt, à Saint-Pétersbourg. L'événement fut considérable, le Palais Garnier pris d'assaut. À la fin de la première représentation, le 8 octobre, il vint saluer le public. Il en reçut une ovation, qui ne voulait pas s'arrêter. Il meurt le 6 janvier 1993, à l'hôpital du Perpétuel secours, à Levallois-Perret, près de Paris.
Le cycle terrestre de ce danseur acharné, né Tatar, dans une famille d'agriculteurs soviétiques d'origine musulmane, s'achevait donc avec cette œuvre d'inspiration orientale, magnifiquement mise en musique par un juif viennois, Léon Minkus (1826-1917). On notera que le personnage de Solor, dans La Bayadère, fut incarné par Noureev, alors membre de la troupe du Kirov, en 1961. On ne donnait plus le ballet intégralement, mais seulement la scène du royaume des ombres. La danse de Solor repose sur un mariage parfait entre la danse et la musique, entre Petipa et Minkus, lesquelles ignoraient que leur œuvre commune fonderait tout à la fois les débuts d'un jeune prodige et ses adieux à la communauté des hommes.
Le destin de Noureev contredit toutes les théories relatives aux origines sociales et religieuses, toutes les affirmations péremptoires quant à la place des individus dans la société en relation avec leur milieu. On dira qu'il fut une exception, ce qui est vrai, il n'empêche : nous saluons avec Noureev la victoire éclatante de la destinée sur la sociologie.
Ezio Frigerio signa les décors de La Bayadère. Très lié à Noureev, il conçut son caveau, en mosaïque – un tapis déposé sur les bagages de l'éternel errant –, qui remplaça, quelque temps après, la simple tombe du danseur, au cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois. Il rappelle le goût de Rudolf pour les tapis dits kilim(s), tissés par les nomades d'Anatolie.
Je me souviens de Rudolf Noureev, de ses pommettes hautes, de ses yeux rieurs, de sa grâce athlétique.

Photographie X

mardi 18 janvier 2011

Pas de deux




Une suggestion, très inspirée, de la Belle Bourguignonne, notre BB, Corinne.
Rudolf Noureev et Margot Fonteyn dansent Roméo et Juliette. Elle avait vingt ans de plus que lui. Ils se trouvèrent, ils s'inspirèrent l'un l'autre. Sans doute s'aimèrent-ils, comme on s'aime quand on cherche à tirer de l'autre le meilleur de soi. Qui approcha Noureev, celui-là fut transfiguré.

Pas de deux





Voici le beau Rudolf, petit fauve, petit faune, dont l'esprit souffle encore sur l'Opéra de Paris. Acclamé sur toutes les scènes du monde, il demeurait, sous les ovations, comme un peu en retrait, légitime assurément, mais ailleurs. Sa partenaire se nomme Merle Park, qui eut une très belle carrière. Il me semble intéressant de comparer leur grand pas de deux à celui que je vous proposai l'autre jour.
Je vous salue comme je vous estime.

samedi 15 janvier 2011

Se souvenir des belles choses









































«Quemadmodum igitur membris utimur priusquam didicimus cuius ea causa utilitatis habeamus, sic inter nos natura ad ciuilem communitatem coniuncti et consociati sumus. Quod ni ita se haberet, nec iustitiae ullus esset nec bonitati locus.», (Cicéron, De Finibus bonorum et malorum).
(«Donc, de la même manière que nous nous servons de nos membres avant que d'avoir appris à quel usage ils sont voués, un instinct naturel nous unit et nous associe, pour former une communauté politique. S'il n'en allait pas ainsi, la justice ni la bonté ne trouveraient leurs places.»)

Deux ou trois choses remarquables, vues lors de l'exposition «1500», au Grand Palais, en janvier.

- Portrait de Charles de Bourbon en cardinal, attribué à Jean Hey, longtemps nommé le Maître de Moulins (Münich, Alte Pinakothek). Ce peintre d'origine flamande a été très actif entre 1480 et 1500. La contemplation de ses portraits provoquent l'admiration béate. Avec lui, vraiment, le beau et vivace Moyen Age poursuit son entreprise de séduction sur les âmes simples, telles que la mienne…
Charles de Bourbon, avant de se vêtir de la pourpre cardinalice, fut archevêque de Lyon, puis, comme tout un chacun, mourut en 1488 (la construction de cette phrase laisse entendre que 1488 est l'année de l'hécatombe, où «tout un chacun», c'est à dire à peu près tout le monde, rendit l'âme ! C'est évidemment faux, puisque chacun d'entre nous (c'est à dire tous autant que nous sommes), confirme par sa présence, même numérisée, que l'humanité a largement survécu à 1488…).
On notera deux choses : la première est le soutien sans faille que Charles apporta aux arts et aux artistes, la seconde, une certaine ressemblance du cardinal avec Poutine !

– Groupe de trois statues, attribuées à Jean Guilhomet, dit Jean de Chartres, (musée du Louvre, département des sculptures)
De gauche à droite : Sainte Anne et la Vierge enfant, Saint Pierre, Sainte Suzanne. Ils occupaient la salle, où ils étaient exposés, d'une présence vibrante.
Ces œuvres ont été restaurées en 2010 par Agnès Le Boudec-Andrieu (Sainte Suzanne), Christine Bonnecase (Saint Pierre), Julie André-Madjlessi (Sainte Anne). Nous les remercions vivement !

Je veux également signaler à ceux, nombreux et vindicatifs, qui souligneront cruellement le manque de «piqué», la mauvaise «définition» des documents présentés ici, qu'il était interdit de photographier et que les nombreux gardiens faisaient les cents pas dans toutes les salles.
Cela dit, je reconnais qu'ils laissent à désirer.

Photographies PM

vendredi 14 janvier 2011

Pas de deux



En 2010, l'Opéra de Paris a donné quelques représentations de Casse-noisette. L'histoire est tirée d'un conte, adapté par Alexandre Dumas, d'Ernst-Theodor-Amadeus (prénom choisi postérieurement, par admiration pour Mozart ; ses parents l'avaient appelé Ernst-Theodor-Wilhelm) Hoffmann (1776-1822). Relativement au ballet, on attribue son idée à Marius Petipa (1818-1910), le plus prestigieux danseur-chorégraphe de tous le temps, français d'origine, réclamé, acclamé par les russes ; la musique, bien sûr, est signée Piotr Ilyitch Tchaikovski (1840-1893), la chorégraphie et la mise en scène (à l'opéra de Paris), Rudof Noureev (1938-1993. Sa tombe, au cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois, près de Paris, est un lieu de culte).
À présent, fermez les yeux ! Vous êtes assis sur le doux velours d'un siège, dans votre loge, à l'Opéra Garnier. Le monde dit « réel » a cessé d'imposer ses normes à l'instant même où vous avez découvert le grand escalier. Certes, votre plaisir a été quelque peu gâché par la très laide composition réalisée par le peintre Chagall, commandée par Malraux, alors ministre des Affaires culturelles (1964). André M. (1901-1976), dont la conversation assommait d'ennui la délicieuse Louise de Vilmorin (1902-1969) ainsi que ses invités, à Verrières-le-Buisson, méprisait l'art du Second Empire. C'est pourquoi il fit recouvrir l'œuvre gracieuse et pompier de Jules-Eugène Lenepveu (1819-1898) par les gribouillages de Marc Chagall (1887-1985). Vous déplorerez avec moi ce vandalisme d'État, mais vous l'oublierez dès que vous entendrez les premières notes de l'orchestre. Les lumières s'éteindront lentement.
Enfin voilà, c'est une pure merveille ! Non ?

Hé, hé !

Chez M. Jo, le frémissant Joël H., JMT lui posait une question de nature existentielle ; voici la réponse :




Il n'est rien de plus exquis…

mardi 11 janvier 2011

Loin de Paris 4

Voici encore quatre photographies d'André Kertész, prises sur le continent américain. Il n'est pas impossible que sa tulipe mélancolique corresponde à un petit soupir d'ennui et de regret de son cher et vieux Paris…

















































































1) Fumée à Toronto, 1979 © Galerie Stephen Bulger/RMN

2) Washington square, 9 janvier 1954, © Leslie, Judith, Gabrielle Schreyer/RMN

3) Tulipe mélancolique, New York, 1939, © Attila Pocze, Vintage Galéria, Budapest/RMN

4) Le nuage égaré, New York, 1937. © Sarah Morthland Gallery/RMN
«Ce que j’ai ressenti en faisant cette photo, c’est une impression de solitude. […] Le nuage ne sait pas où se placer, ils l’ont perdu, ou ils lui ont fait perdre sa route

samedi 8 janvier 2011

D'une tête et d'un tronc














































1) Tête de jeune homme, attribuée à l'atelier de Jean Guilhomet, dit Jean de Chartres, Moulins, début du XVIe siècle (musée Anne de Beaujeu, Moulins). Elle provient d'une statue de taille humaine ; son chapeau évoque parfaitement celui du David de Donatello, (exposition «1500», Grand palais, Paris).
2) Tronc de femme parée de soie, vitrine, IIe arrondissement de Paris, janvier 2011.

Photographies PM

vendredi 7 janvier 2011

Loin de Paris 3

Quelques grands moments vus par André Kertész :




































































Photographies André Kertesz
1) Rue des Ursins, paris, 1931
2) Distorsion n° 41, 1933, avec autoportrait
3) Meudon, 1928
4) Nageur sous l'eau, Esztergom, 1917

Loin de Paris 2














































André Kertész, on l'imagine en ton gris sur fond gris, d'un gris souris, d'un gris Paris, quand Paris était gris, la plus infinie des nuances, celle qui balance entre le noir et le blanc, celle qui chasse le naturel et revient au galop dès que la mélancolie la hèle…
André Kertész a saisi des vivants sur le vif, et l'on dirait qu'ils ne sont pas tout à fait là, qu'ils sont à leur place mais qu'ils en occuperont une autre avec la même légitimité mystérieuse.
Après avoir longtemps hanté les rues de Paris, mais alors en vrai fantôme, en homme invisible à l'œil nu, mais discernant avec son appareil ce que nul n'aurait alors cru voir, il se rend à New York, où il demeure, lorsque la Seconde guerre mondiale éclate. De nationalité américaine à partir de 1944, il ne retrouvera pas vraiment le bonheur du photographe, qu'il avait connu à Paris, alors capitale des rêves, plus bruyante et énervée qu'une ruche.

Loin de Paris 1

























Il était, parmi les premiers photographes du XXe siècle, peut-être l'œil à la fois le plus artiste et le plus perçant, mais on ne lui avait jamais consacré l'exposition qu'il méritait : l'injustice a été réparée par le musée du Jeu de paume (jardin des Tuileries). Hongrois de Budapest, américain de nationalité, français, et surtout parisien de cœur, d'esprit, d'imaginaire, André Kertész (1894-1985) est méconnu et l'objet d'un malentendu. On l'assimile tantôt au surréalisme, tantôt au réalisme, et l'on ne lui attribue aucune photographie précise, alors que deux de ses clichés au moins sont connus dans le monde entier. Je crois me souvenir qu'à son propos, Francis Carco a justement parlé de «fantastique social». Les éléments comme les sentiments simples, passés au crible de son regard, renouvellent l'impression que nous croyons avoir du réel.
Il semble que cet homme secret s'amusait, malgré une sorte de dépression chronique, à révéler les postures étranges et les formes merveilleuses de la vie ordinaire…


Photographie : PM

(Commissaires de l'exposition, Michel Frizot et Annie-Laure Wanaverbecq, organisée avec le concours de l’Institut hongrois de Paris.)

samedi 1 janvier 2011

Les «avœux» 7 : messieurs, c'est à vous !

Dedicated to Pierre, à qui plaire de cette manière ne doit point déplaire…




Dedicated to JDLL, qui surgit toujours au bon moment !



Dedicated to Patrick Caza, l'un des garçons les plus fous, et parmi les plus doués de toute l'Amérique du nord :

Les «avœux» 6 : messieurs, c'est à vous !

Dedicated to Joël H., cet extrait de Querelle, film irréel, d'après Jean Genet, avec une chanson, par Jeanne Moreau, qui reprend un vers fameux d'Oscar Wilde…




Dedicated to Vincent, des images qui bougent, par l'un de mes russes préférés :

Les «avœux» 5 : Messieurs, c'est à vous !

Dedicated to Jérôme Leroy : l'eau noire d'un port, la nuit, quelques notes d'une chanson… Un coup de bleu, en quelque sorte.


Le port de l'angoisse - "Am I blue ?"




Dedicated to Jean-Michel «Nuage Neuf», cette chanson, qui fut écrite à l'évidence pour lui

Les «avœux» 4 : aux dames d'abord !

Dedicated to Nadia, qui affole les compteurs de Causeur…



Dedicated to Anne, qui reviendra peut-être…

Les «avœux» 3 : aux dames d'abord !

Dedicated to Tanya and Tim (and Joe)




Dedicated to la volcanique Émilie, qui, ces derniers temps, s'envole plus souvent qu'elle ne se pose…



Dedicated to Corinne, la belle bourguignonne, que l'on aperçoit de temps en temps…

Les «avœux» 2 Ne le réveillez pas !

Un «avœu» collectif : cet extrait de Werther(1892), opéra que Jules Massenet composa d'après Les Souffrances du jeune Werther (1774), de J. W. von Goethe (1749-1832). Dans ce livre fondamental, constitutif du mouvement nommé Sturm und Drang (tempête et assaut ; je sais, ça fait un peu… bizarre !), dont l'intrigue se développe en grande partie sous la forme d'un échange de lettres, Werther confie les troubles et les grands tourments de son cœur de jeune allemand à son ami Wilhelm.
Il y eut alors, dans toute l'Europe, une épidémie de suicides parmi la jeunesse !
Voici Jonas Kaufmann dans le rôle de Werther. Je suis certain que les dames verront sans déplaisir ce grand et puissant ténor dit «dramatique», lancer de si ardentes lamentations vers la Nature et la délicate Charlotte (Sophie Koch). Cela s'est donné en janvier 2010, à l'Opéra Bastille, à Paris ; Michel Plasson conduisait l'orchestre, Benoît Jacquot assurait la mise en scène, dans des décors de Charles Edwards et sous l'éclairage conçu à l'origine par Charles Edwards.
Ce spectacle très réussi nous permit de découvrir un nouveau venu dans la catégorie, encombrée, des ténors : Jonas Kaufmann. Il arrive, il est beau, et sa voix, loin d'être déjà usée comme d'autres de son âge, atteint sa pleine maturité.
Je vous souhaite donc, Mesdames, d'entendre d'aussi belles plaintes tout au long de cette année.