Lorsqu'il est arrivé ici, Mr PM m'a envoyé une adresse, où l'on voit un joyeux luron détourner avec talent une affiche publicitaire. Il se nomme Bertrand Louis. Si sa technique me semble encore mystérieuse, je lui trouve une vraie originalité, et une belle audace.
Pour les amateurs, je crois reconnaître dans le modèle situé à droite de l'affiche, Stella Tennant, de la noble famille écossaise des Devonshire. Un jour, je vous parlerai d'un homme qui n'aura cessé de me plaire comme de m'étonner : Cecil Beaton.
vendredi 12 novembre 2010
jeudi 11 novembre 2010
Roucoudouleur
Vous aviez entendu La carretera (Tous les garçons s'appellent Patrick: On prend la route), une sorte de lamento errant, une mélancolie paysagère le long d'une voie fameuse.
Voici La carretera 2, beaucoup plus sombre. Un homme éperdu cherche dans la nuit profonde une ombre qui le fuit toujours. On se moque beaucoup de ce roucouleur pour midinettes et pour mémères-botox peroxydées. Mais il ne susurre pas seulement des niaiseries, il murmure savamment à l'oreille de tous la grande douleur sentimentale. Il désigne la blessure d'origine, qui ne guérit jamais. Et, quand il le fait dans sa langue d'origine, l'espagnol, il donne à la sentimentalité une certaine dureté minérale.
Ya dejé la carretera
voy entrando a la ciudad
Y la lluvia continua
Y mi duda aumenta más.
La ciudad está desierta
Veo sombras nada más
Noche triste, noche larga
Y en el alma soledad.
Tengo ganas de encontrarte
tengo miedo de llegar
de que tengas otra vida
de que no me quieras más.
Los semáforos me aturden
de frenar y acelerar
Y esa angustia que me mata
que me va a descerebrar.
En la puerta de tu casa
alguien me dice que no estás
que te has ido y que no has vuelto
y que no te han visto más.
Tengo celos que me hieren
que no puedo controlar
y la rabia de quererte
de manera irracional.
Quiero correr
Quiero saber de ti
Si estás pensando en mí
Otra vez en la carretera
la terrible soledad
El hablar con el silencio
No tener con quien hablar.
Otra vez la taquicardia
Otra vez mi enfermedad
La locura de buscarte
cuando sé que me hace mal.
Esas ganas de estrellarme
de correr, de acelerar
Y esa línea tan estrecha
que separa el más allá.
Otra vez la carretera
Otra vez la soledad
La locura de buscarte
Otra vez mi enfermedad
Photographies PM
Voici La carretera 2, beaucoup plus sombre. Un homme éperdu cherche dans la nuit profonde une ombre qui le fuit toujours. On se moque beaucoup de ce roucouleur pour midinettes et pour mémères-botox peroxydées. Mais il ne susurre pas seulement des niaiseries, il murmure savamment à l'oreille de tous la grande douleur sentimentale. Il désigne la blessure d'origine, qui ne guérit jamais. Et, quand il le fait dans sa langue d'origine, l'espagnol, il donne à la sentimentalité une certaine dureté minérale.
Ya dejé la carretera
voy entrando a la ciudad
Y la lluvia continua
Y mi duda aumenta más.
La ciudad está desierta
Veo sombras nada más
Noche triste, noche larga
Y en el alma soledad.
Tengo ganas de encontrarte
tengo miedo de llegar
de que tengas otra vida
de que no me quieras más.
Los semáforos me aturden
de frenar y acelerar
Y esa angustia que me mata
que me va a descerebrar.
En la puerta de tu casa
alguien me dice que no estás
que te has ido y que no has vuelto
y que no te han visto más.
Tengo celos que me hieren
que no puedo controlar
y la rabia de quererte
de manera irracional.
Quiero correr
Quiero saber de ti
Si estás pensando en mí
Otra vez en la carretera
la terrible soledad
El hablar con el silencio
No tener con quien hablar.
Otra vez la taquicardia
Otra vez mi enfermedad
La locura de buscarte
cuando sé que me hace mal.
Esas ganas de estrellarme
de correr, de acelerar
Y esa línea tan estrecha
que separa el más allá.
Otra vez la carretera
Otra vez la soledad
La locura de buscarte
Otra vez mi enfermedad
Photographies PM
Libellés :
Les sentiments nous mènent une vie d'enfer
dimanche 7 novembre 2010
Pour saluer Mr PM
Mr PM est venu se joindre à nous, et cela nous fait grand plaisir. Pour l'accueillir, nous lui offrons la lecture d'une lettre de Hunter S. Thompson, journaliste, écrivain, créateur du mouvement dit gonzo, à son ami, l'illustrateur Ralph Steadman. Ce dernier a donné un style graphique aux années soixante et soixante-dix. Doué d'une grande culture et d'une folle énergie créatrice, doublée d'un sens très anglais du merveilleux, Steadman a sa place parmi les grands. Je possède, de lui, I Leonardo, dédicacé, mais ne parviens pas à mettre la main sur ce chef d'œuvre !
Ralph Steadman, donc, s'inquiète sérieusement pour son fils, lequel paraît dériver vers les techniques et produits hallucinatoires. Ami attentif et dévoué, mas toujours sérieusement gonzo, Hunter S. Thompson se fend d'une réponse puissante, quelque chose de sérieux. C'est à la fois hilarant et redoutable.
Du journalisme et des journaliste, il disait ceci : « Journalism is not a profession or a trade. It is a cheap catch-all for fuckoffs and misfits – a false doorway to the backside of life, a filthy piss-ridden little hole nailed off by the building inspector, but just deep enough for a wino to curl up from the sidewalk and masturbate like a chimp in a zoo-cage […]», ce que l'on pourrait traduire ainsi : «Le journalisme n'est pas une profession, ni un métier. C'est un attrape-couillon à deux balles pour branleurs et autres ratés, un leurre qui prétend révéler ce qui se cache derrière les apparences, un trou d'évacuation dégueulasse, rongé par la pisse et condamné par les services de l'hygiène, mais tout de même assez profond pour qu'un poivrot s'y blotisse, et s'y livre à la masturbation, tel un chimpanzé dans sa cage.» (Toute meilleure traduction est bienvenue).
Hunter S. Thompson a fini par se loger une balle dans la tête, en 2005. C'était un type bien ; désespéré, mais vraiment bien, un ami fidèle, et un véritable éducateur…
Goûtez ce pur moment de plaisir cruel : de la limaille de fer dans une plume d'oie. Un délice !
»Cher Ralph,
J'ai reçu ta tragique missive sur ton féroce sniffeur de colle de fils et je l'ai lue en prenant mon petit déjeuner à 4h30 du matin dans un fast-food Waffle House en bordure de Mobile Bay [...]. Et j'en suis venu à cette conclusion : envoie le petit enfoiré cinglé en Australie. On peut lui trouver un boulot de gardien de moutons quelque part au fin fond de la cambrousse, et cela le remettra dans le droit chemin à coup sûr ; ou du moins ça le tiendra occupé. L'Angleterre n'est pas l'endroit qu'il faut pour un gamin qui veut briser des vitres. Car il a raison, bien sûr. Il devrait le faire. Quiconque grandit aujourd'hui en Angleterre sans un profond besoin de fracasser des fenêtres est sans doute trop bête pour qu'on lui vienne en aide.
[ ... ] Mon propre fils, Dieu merci, est un garçon calme et rationnel qui en ce moment même remplit ses demandes d'inscription à Yale, Tufts, Bennington et autres établissements élitistes de la côte Est... et ce qu'il m'a coûté jusqu'à présent, c'est une ponction diabolique d'une dizaine de milliers de dollars par an, rien que pour le tenir à l'écart de la rue et loin de ces fichues fenêtres...
Combien coûtent-elles vraiment, Ralph? Quand je les fracassais, elles étaient à 55 dollars pièce - même celles du genre grande baie vitrée mais aujourd'hui elles sont sans doute dans les 300 dollars. Ce qui est bon marché, quand on y réfléchit. Un gamin féroce avec un bon bras pourrait bousiller une trentaine de baies vitrées par an et ça te coûterait toujours moins de 10.000 dollars l'année. Est-ce exact? Mes chiffres sont- ils corrects? Oui. En effet. Si Juan fracassait 30 grandes fenêtres par an, j'économiserais encore 1000 dollars.
Alors, envoie-moi le gamin, Ralph - en même temps qu'un chèque certifié de 10.000 dollars -, et je le transformerai en machine à profit ambulante. Vraiment! Envoie-moi tous les petits salauds de rosbifs que tu pourras rassembler. On peut faire du business en ce domaine. Balanceles simplement ici par Airbus avec un chèque de 10.000 dollars pour chacun, et après ça tu pourras te remettre la conscience tranquille à ton boulot dégueulasse et destructeur.
Le Premier ministre est bel et bien une truie dénaturée, Ralph, et tu devrais bel et bien cogner dessus comme sur un gong. Dessine d'horribles caricatures de la garce, et vends- les pour beaucoup de dollars au «Times» et à «Private Eye»... mais ne viens pas pleurnicher quand ton propre fils se met dans la tête de briser des fenêtres.
As-tu jamais lancé une brique à travers une grande baie vitrée, Ralph? Ça fait un fichu bruit merveilleux, et les gens à l'intérieur courent comme des rats dans un incendie dévastateur. C'est amusant, Ralph, et, quel que soit le prix, c'est donné. Que crois-tu que nous ayons fait pendant toutes ces années? Crois-tu qu'on te payait pour ton fichu art débile? Non, Ralph. On te payait pour bousiller les fenêtres. Et c'est un art en soi. L'astuce, c'est d'être payé pour ça.
Comment? Allô? Ralph, tu es toujours là? Espèce de fumier hypocrite et larmoyant. Si ton fils avait tes instincts, il tirerait sur le Premier ministre, au lieu de simplement fracasser les fenêtres. Es-tu prêt à ça? Que vas-tu ressentir quand tu te réveilleras un de ces matins et allumeras la télé à Old Loose Court juste à temps pour capter un bulletin d'information t'apprenant que le Premier ministre vient de se faire tirer dans le gésier à Piccadilly Circus... puis un quelconque petit malin de la BBC arrive avec des images exclusives du sale fêlé qui a fait le coup, et il se révèle que c'est ton propre fils?
Pense bien à ça, Ralph, et ne viens plus m'ennuyer avec tes petits problèmes. Envoie-moi simplement le gamin. [ ... ] Les enfants sont comme les postes de télé ; quand ils commencent à déconner, on les baffe entre les deux yeux avec une chaussure de basket en caoutchouc. [ ... ] Je crois que tu sais ce que je veux dire. C'est ce qui arrive quand le fils d'un célèbre artiste anglais apparaît à la télé avec un fusil d'assaut dans les mains et le corps encore pantelant du Premier ministre à ses pieds... Tu ne peux même pas échapper à ça, Ralph - et encore moins te cacher, alors si tu penses que c'est vraiment une possibilité, tout ce que je peux te conseiller, c'est de faire provision de whisky et de codéine. Ca te maintiendra suffisamment à la masse pour encaisser le choc quand ce petit freak rendu fou par la colle, aux propos incohérents, commettra finalement l'acte...
La publicité qui s'ensuivra sera un cauchemar. Mais ne t'inquiète pas - tes amis seront derrière toi. Je prendrai à Denver un de ces vols passant par le pôle et serai là huit heures après que ce soit arrivé. Nous tiendrons une méga-conférence de presse dans le lobby du Brown's Hotel. Ne dis rien jusqu'à ce que j'arrive. Ne revendique même pas de lien de parenté avec le gamin. Ne dis rien. Je parlerai à la presse - ce qui, après tout, est mon métier.
Ton copain»
(Traduit de l'américain par Jean-Paul Mourlon) ©Hunter S. Thompson Estate
Et ce petit film, où l'on voit Ralph Steadman, imitant son copain Hunter S., fameux entre tous :
Ralph Steadman, donc, s'inquiète sérieusement pour son fils, lequel paraît dériver vers les techniques et produits hallucinatoires. Ami attentif et dévoué, mas toujours sérieusement gonzo, Hunter S. Thompson se fend d'une réponse puissante, quelque chose de sérieux. C'est à la fois hilarant et redoutable.
Du journalisme et des journaliste, il disait ceci : « Journalism is not a profession or a trade. It is a cheap catch-all for fuckoffs and misfits – a false doorway to the backside of life, a filthy piss-ridden little hole nailed off by the building inspector, but just deep enough for a wino to curl up from the sidewalk and masturbate like a chimp in a zoo-cage […]», ce que l'on pourrait traduire ainsi : «Le journalisme n'est pas une profession, ni un métier. C'est un attrape-couillon à deux balles pour branleurs et autres ratés, un leurre qui prétend révéler ce qui se cache derrière les apparences, un trou d'évacuation dégueulasse, rongé par la pisse et condamné par les services de l'hygiène, mais tout de même assez profond pour qu'un poivrot s'y blotisse, et s'y livre à la masturbation, tel un chimpanzé dans sa cage.» (Toute meilleure traduction est bienvenue).
Hunter S. Thompson a fini par se loger une balle dans la tête, en 2005. C'était un type bien ; désespéré, mais vraiment bien, un ami fidèle, et un véritable éducateur…
Goûtez ce pur moment de plaisir cruel : de la limaille de fer dans une plume d'oie. Un délice !
»Cher Ralph,
J'ai reçu ta tragique missive sur ton féroce sniffeur de colle de fils et je l'ai lue en prenant mon petit déjeuner à 4h30 du matin dans un fast-food Waffle House en bordure de Mobile Bay [...]. Et j'en suis venu à cette conclusion : envoie le petit enfoiré cinglé en Australie. On peut lui trouver un boulot de gardien de moutons quelque part au fin fond de la cambrousse, et cela le remettra dans le droit chemin à coup sûr ; ou du moins ça le tiendra occupé. L'Angleterre n'est pas l'endroit qu'il faut pour un gamin qui veut briser des vitres. Car il a raison, bien sûr. Il devrait le faire. Quiconque grandit aujourd'hui en Angleterre sans un profond besoin de fracasser des fenêtres est sans doute trop bête pour qu'on lui vienne en aide.
[ ... ] Mon propre fils, Dieu merci, est un garçon calme et rationnel qui en ce moment même remplit ses demandes d'inscription à Yale, Tufts, Bennington et autres établissements élitistes de la côte Est... et ce qu'il m'a coûté jusqu'à présent, c'est une ponction diabolique d'une dizaine de milliers de dollars par an, rien que pour le tenir à l'écart de la rue et loin de ces fichues fenêtres...
Combien coûtent-elles vraiment, Ralph? Quand je les fracassais, elles étaient à 55 dollars pièce - même celles du genre grande baie vitrée mais aujourd'hui elles sont sans doute dans les 300 dollars. Ce qui est bon marché, quand on y réfléchit. Un gamin féroce avec un bon bras pourrait bousiller une trentaine de baies vitrées par an et ça te coûterait toujours moins de 10.000 dollars l'année. Est-ce exact? Mes chiffres sont- ils corrects? Oui. En effet. Si Juan fracassait 30 grandes fenêtres par an, j'économiserais encore 1000 dollars.
Alors, envoie-moi le gamin, Ralph - en même temps qu'un chèque certifié de 10.000 dollars -, et je le transformerai en machine à profit ambulante. Vraiment! Envoie-moi tous les petits salauds de rosbifs que tu pourras rassembler. On peut faire du business en ce domaine. Balanceles simplement ici par Airbus avec un chèque de 10.000 dollars pour chacun, et après ça tu pourras te remettre la conscience tranquille à ton boulot dégueulasse et destructeur.
Le Premier ministre est bel et bien une truie dénaturée, Ralph, et tu devrais bel et bien cogner dessus comme sur un gong. Dessine d'horribles caricatures de la garce, et vends- les pour beaucoup de dollars au «Times» et à «Private Eye»... mais ne viens pas pleurnicher quand ton propre fils se met dans la tête de briser des fenêtres.
As-tu jamais lancé une brique à travers une grande baie vitrée, Ralph? Ça fait un fichu bruit merveilleux, et les gens à l'intérieur courent comme des rats dans un incendie dévastateur. C'est amusant, Ralph, et, quel que soit le prix, c'est donné. Que crois-tu que nous ayons fait pendant toutes ces années? Crois-tu qu'on te payait pour ton fichu art débile? Non, Ralph. On te payait pour bousiller les fenêtres. Et c'est un art en soi. L'astuce, c'est d'être payé pour ça.
Comment? Allô? Ralph, tu es toujours là? Espèce de fumier hypocrite et larmoyant. Si ton fils avait tes instincts, il tirerait sur le Premier ministre, au lieu de simplement fracasser les fenêtres. Es-tu prêt à ça? Que vas-tu ressentir quand tu te réveilleras un de ces matins et allumeras la télé à Old Loose Court juste à temps pour capter un bulletin d'information t'apprenant que le Premier ministre vient de se faire tirer dans le gésier à Piccadilly Circus... puis un quelconque petit malin de la BBC arrive avec des images exclusives du sale fêlé qui a fait le coup, et il se révèle que c'est ton propre fils?
Pense bien à ça, Ralph, et ne viens plus m'ennuyer avec tes petits problèmes. Envoie-moi simplement le gamin. [ ... ] Les enfants sont comme les postes de télé ; quand ils commencent à déconner, on les baffe entre les deux yeux avec une chaussure de basket en caoutchouc. [ ... ] Je crois que tu sais ce que je veux dire. C'est ce qui arrive quand le fils d'un célèbre artiste anglais apparaît à la télé avec un fusil d'assaut dans les mains et le corps encore pantelant du Premier ministre à ses pieds... Tu ne peux même pas échapper à ça, Ralph - et encore moins te cacher, alors si tu penses que c'est vraiment une possibilité, tout ce que je peux te conseiller, c'est de faire provision de whisky et de codéine. Ca te maintiendra suffisamment à la masse pour encaisser le choc quand ce petit freak rendu fou par la colle, aux propos incohérents, commettra finalement l'acte...
La publicité qui s'ensuivra sera un cauchemar. Mais ne t'inquiète pas - tes amis seront derrière toi. Je prendrai à Denver un de ces vols passant par le pôle et serai là huit heures après que ce soit arrivé. Nous tiendrons une méga-conférence de presse dans le lobby du Brown's Hotel. Ne dis rien jusqu'à ce que j'arrive. Ne revendique même pas de lien de parenté avec le gamin. Ne dis rien. Je parlerai à la presse - ce qui, après tout, est mon métier.
Ton copain»
(Traduit de l'américain par Jean-Paul Mourlon) ©Hunter S. Thompson Estate
Et ce petit film, où l'on voit Ralph Steadman, imitant son copain Hunter S., fameux entre tous :
samedi 6 novembre 2010
L'heure de Paris
Pour saluer Pascal Sevran, qui aimait la chanson et la servit avec talent, sans œillères, et pour rendre hommage à une artiste rare, Béatrice Arnac, qui interprète Tableau de Paris 5 h du matin, du chansonnier et boulevardier Marc-Antoine Desaugiers (1772-1827). On dit que Jacques Lanzman connaissait bien le texte de ce long poème, qui se conclut ainsi :
Ah ! Quelle cohue !
Ma tête est perdue ;
Moulue et fendue ;
Où donc me cacher ?
Jamais mon oreille,
N’eut frayeur pareille...
Tout Paris s’éveille...
Allons nous coucher.
{…)
La musique est ouvertement inspirée d'une contredanse, extraite du ballet baptisé La Rosière, de Maximilien-Léopold-Philippe-Joseph Gardel (1741-1787)

Photographie PM
Ah ! Quelle cohue !
Ma tête est perdue ;
Moulue et fendue ;
Où donc me cacher ?
Jamais mon oreille,
N’eut frayeur pareille...
Tout Paris s’éveille...
Allons nous coucher.
{…)
La musique est ouvertement inspirée d'une contredanse, extraite du ballet baptisé La Rosière, de Maximilien-Léopold-Philippe-Joseph Gardel (1741-1787)

Photographie PM
Libellés :
Un peuple qui chante toujours
vendredi 5 novembre 2010
Le tremblant des vitrines



Kate me méprise, on le sait ; pourtant je lui fais une cour assidue, je me prosterne, je m'avilis devant elle. Rien n'y fait : le nez plus poudré qu'une marquise sous la Régence, elle m'éloigne d'un regard cruel ou d'un dangereux escarpin.
Et cette pauvre petite fille riche, que Karl Lagerfeld a abandonnée sur une banquise, que ne m'adresse-t-elle un geste, je percerai la vitre d'un jet de pavé, afin de la libérer de son univers de givre.
Petite givrée presque nue, éloignée des dorures,
Maigre Vénus en fourrure
Qu'un aigre Feldmarschall en fureur
A livré aux folies d'un fourreur,
Tes fesses arrondies sur la banquise
En deviendront-elles plus exquises ?
Mais je lui parle en vain ! Elle m'ignore, telle Kate !
J'ai froid, je tremble, et tout mon appareil aussi…
Photographie PM
mercredi 3 novembre 2010
Sans perdre le fil…
Et je cousais est un poème intitulé Chanson, de Marie Noël, oubliée aujourd'hui, sauf, crois-je me souvenir, de notre chère Corinne.
Un homme entre dans la pièce où se trouve une femme qui coud. Elle paraît être toute à son ouvrage, pourtant cette intrusion masculine la trouble infiniment. Tout est dit, mais avec une économie sentimentale dont on a perdu le secret.
Catherine Sauvage, que je vis dans plusieurs salles, nous enchante.
Un homme entre dans la pièce où se trouve une femme qui coud. Elle paraît être toute à son ouvrage, pourtant cette intrusion masculine la trouble infiniment. Tout est dit, mais avec une économie sentimentale dont on a perdu le secret.
Catherine Sauvage, que je vis dans plusieurs salles, nous enchante.
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Encore un peu d'amour
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